II
626 HISTOIHE DE MADAME lîARAT
lade avaient bien do la peine à vivre, M""" Barat voulut qu'elle reçût régulièrement son dîner du Sacré-Cœur, pour elle et les siens, jus(|u'à la fin de ses jours'. Dans une autre maison, un journalier lui confie que son pauvre ménage aurait besoin , pour vivre, d'une petite génisse, que ses enfants nourriraient avec l'herbe cueillie sur le bord des chemins. La génisse fut fournie par jyjme Carat, et permission donnée de la nourrir avec l'herbe du Sacré-Cœur'. A Nantes elle aperçoit de sa fenêtre un vieux journalier qui se cachait derrière les arbres pour manger son pain bis, tandis que ses compagnons faisaient un meilleur repas. M'"^ Barat appelle la portière de la maison, et lui recommande de porter à ce pauvre honteux un ])aquet dont celle-ci ignorait le contenu. C'était un })ain dans lequel la charitable mère avait enfermé son propre dîner qu'on venait de lui servira
Mais il n'était pas besoin d'être dans la maison de M"'° Barat pour avoir des titres à sa charité. Les pauvres l'attiraient par leur pauvreté seule, ou plutôt par cette beauté surnaturelle, divine, que revêt l'indigence envisagée en Jésus-Christ. LUe sentait, pour ainsi dire d'instinct, les malheureux. Plusieurs ibis, dans ses voyages, on la vit tout à coup sortir de son oraison ou même de son sommeil, et dire à ses compagnes : « Voici un pauvi'c qui vient nous demander l'aumùne '. »
Les i)cines et les joies de ses protégés devenaient
• l'élu, lie sueur Tliércbc Leliiic<i. Doc. ii. tj'J. « léin. de M"" Julie de Uaill.l, ij. 117,
J Jhiniinevls de Aantrs , n. li, p. <.».
♦ Noie» do M. rubl)o l)u»:iiiiiboy.