VIVE IN DEO, MEMOR NOSTRUM
QUASDIVINO CORDI GENUlSTll.
i Ici repose dans la paix du Christ Magdeleine-Louise-Sophie Barat, fondatrice de la société des vierges du Sacré-Cœur, qu'elle a gouvernée
On avait espéré retrouver quelque cliose de l'unie de M""** Barat dans les papiers intimes renfermés en une cassette qu'elle avait désignée à sa vicaire générale. C'était là, croyait-on, qu'on surprendrait le secret de sa vie spirituelle, dans ses notes de retraite et ses épanchements avec Notre-Seigneur. Mais, à son grand étonnement, M""^ Gœtz reconnut que la mère générale venait de tout détruire, en prévision de sa mort. Un seul papier y restait, placé tout à l'entrée pour être ouvert aussitôt. C'était un petit écrit rédigé en forme de testament, à la date d'avril 1863. Bien qu'il fût destiné au Conseil de l'Ordre, on le lut en partie à la communauté. Il y était dit d'abord :
« J'ai cru devoir adresser à nos mères conseillères ce court abrégé des sentiments qui remplissent mon âme, en me rappelant ma longue vie, mon administration si fautive, plus que misérable, depuis la fondation de la Société. Que le Cœur miséricordieux de Jésus daigne me le pardonner. «
Après plusieurs avis sur le gouvernement, la mère générale continuait ainsi :
« J'ai la confiance que les mères qui me succéderont, ainsi que tous les membres de cette famille chérie du Sacré-Cœur, profilant de mes aveux, répareront les brèches que je déplore, et redoubleront de zèle pour consolider le véritable esprit religieux, particulièrement la vertu chérie de Jésus, l'humilité; sa sœur intime,
pendant soixante-deux ans avec une admirable suavité et prudence. Plus elle la vit se répandre et prospérer, plus elle s'abaissa elle-même, allribuanl tout à Dieu. Elle mourut le jour de la fêle de l'Ascension du Seigneur, le 2.'i mai infi.';, à l'âge de quairo-vingl-cinq ans cinq mois treize jours. Salut et adieu, bonne mère; vivez en Dieu el souvenez-vous de celles que vous avez enfantées au divin Coeur.