‹ Histoire de Madame BaratChapitre 32 sur 311 · SES STATIONS SAINTES A ROME · texte numérisé non relu

SES STATIONS SAINTES A ROME

Latran et Sainte -Croix-de- Jérusalem, le Colisée , le Forum, la prison Mamertine. A la Scala-Santa , comme elle se préparait à monter à genoux les degrés du prétoire qui furent arrosés du sang de Jésus -Christ, se tournant vers les mères de Causans et de Limminghe, qui l'accompagnaient : « A chaque marche, dil-elle, je recommanderai une des maisons de la Société. » Le Colisée l'embrasa de la soif du martyre : «,Nous avons bien baisé, dit une de ses compagnes, cette terre arrosée du sang des confesseurs de la foi. Nous nous représentions ces lions, ces tigres, ces léopards, déchirant un saint Ignace... nous ne pouvions plus nous arracher de ces lieux !» — « Il y a tant à voir dans cette cité ! écrivait ensuite M"® Barat elle-même. Elle n'est pas appelée en vain la Ville sainte. Que de trésors elle contient ! Mais hélas! ajoutait-elle, la vue de tant de reliques ne fait pas la sainteté. Il faut souffrir , ma fille, nous devons porter notre croix. C'est le grand don de Dieu ^ »

Rentrée à la Trinité, M™^ Barat refusa d'en sortir dorénavant. « Si j'avais l'humeur curieuse, écilvaitelle, j'aurais déjà vu bien des choses ici; mais je préfère ma solitude, et je ne trouve rien qui puisse lui être comparé. Aussi, je refuse toutes les invitations. A l'exception de Saint-Pierre, que je visiterai encore en allant voirie Saint-Père, je me cloître jusqu'à mon retour'. » Mais le cloître ne la défendait pas contre les hommages des familles françaises qui, chassées de leur pays par les événements ou par le choléra, affluaient alors dans la Ville sainte. D'anciens amis de la Société, M^"" Frays-

1 A -M'"<^ Buesen, 4 déc. 1832, et à M"" de GramonI, 12 janvier 1«3;s.

2 A ^F'"« de Gramont, o janvier 1833.

smous, M. l'abbé Trébuquet, le Père Druilhet, le Père Loriquet s'y trouvaient pareillement. De grands personnages ecclésiastiques, les cardinaux Lambruschini, Fesch, Pedicini, Zurla , Weld, Odescalchi, Pacca, visitèrent tour à tour la mère générale et subirent le prestige de sa vertu modeste : « Partout où elle se montre, raconte sa compagne M""" Desmarquest, sa grandeur d'àme se déploie d'une manière ravissante. Aussi on l'aime, on la vénère comme un ange. On est enchanté de la connaître, et toute prévention contre la Société tombe dès qu'on a le bonheur de traiter avec elle. » Elle, au contraire, gémissait de cette affluence : « Je voudrais, écrivait-elle, être seule partout et toujours. Mais que de monde on voit ici ! cette ville est le rendez-vous de toute la terre chrétienne '. » Elle s'enferma donc plus étroitement que jamais à la Trinité, afr.i d'être tout entière à ses novices.

Le nombre de celles-ci allait croissant. Dès le 27 décembre, fête de l'apôtre saint Jean, M"'^ Barat avait donné l'habit à dix postulantes. Le Père .Massa leur avait prêché une retraite; M. l'abbé Trébuquet leur faisait des conférences. M""® Barat elle-même leur adressait en italien de fortes instructions. Piavie de leur progrès, elle écrivait : « Le bon Dieu bénit ce noviciat. Les Bomaines,- s-iirlout, sont très-édifianlos. Elles ne courent pas, elles .vofent dans le chemin de la perfection, selon l'esprit do rinstilul... On n'a que la peine de les modérer. Vraiment cette Italie est toujours la terre des saints. Puissé-je, pour mon compte, ne pas la fouler vainement M »

i A M'" (le C.rnmnnl, 2l\ octobre 1832.

2 A M"" liuesen, 17 janvier; à M"'« de (Jramoiil, 115 cl 2(1 février 1833.

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