‹ Histoire de Madame BaratChapitre 35 sur 311 · FONDATION A PARME · texte numérisé non relu

FONDATION A PARME

rat ne parvenait qu'à peine à s'expliquer la présence en ce lieu. Ce fut donc sans regret qu'elle concéda ces salles à l'école de peinture qui les réclamait. Cherchant quel parti elle tirerait du reste, elle parcourait la maison qu'elle croyait inhabitée, quand tout à coup, une porte s'ouvrant, elle se trouva en présence de quelques femmes âgées, en costume demi-religieux et demi-séculier. C'étaient les dernières résidentes du couvent, qui, reléguées dans cette partie de la maison, y achevaient une vie stérile et oisive. Apprenant le sujet de la visite de M""® Barat, elles l'entourent et la supplient de les laisser du moins mourir en ce lieu. La douce mère déclara à la duchesse de Parme qu'elle n'accepterait pas de leur succéder , si on ne leur assurait une existence convenable. On y pourvut largement. Les infortunées, dans leur anxiété, puis dans leur reconnaissance, la poursuivaient partout, dans les églises, à la messe, l'embrassant, l'accablant de leurs supplications ou de leurs remercîmenls : « Ah ! se disait alors la mère fondatrice, il y avait autrefois des saintes dans cette maison; le relâchement y sera entré, et voici le châtiment! Et nous, nous qui aujourd'hui ne faisons que de naître , serons-nous toujours fidèles ' ? »

Le pensionnat de Parme devait être réservé aux filles de la noblesse. M"'^ Barat stipula qu'en compensation on y annexerait une école pour les pauvres; après quoi, elle promit d'y envoyer ses religieuses dès le printemps suivant.

Le 12 juin, quittant Parme, elle reprit sa route par Turin et Chambéry. Dans cette dernière ville, elle fit

1 Journal du noviciat , au 18 juin 1843, p. 14 et suiv.

Page 1