II
une retraite mémorable. Depuis quelques mois, son humilité s'en exagérait le besoin : « Je dois reconnaître, à la gloire de Jésus, écrivait- elle en avril, que le plus grand nombre des membres de la famille du Sacré-Cœur entre dans la voie d'amour, de zèle et de fidélité... Je ne vous nomme pas toutes celles qui y font des progrès; mais, si vous vouliez me croire, je vous nommerais au moins celle qui reste, hélas! le plus en arrière. Priez pour elle, ma fille; le Seigneur la connaît, et il lui appliquera votre pieux souvenir*. » En conséquence, l'humble mère avait soif d'expier ; elle écrivait : « Lorsque l'on pense que Jésus et Marie ont tant souffert pour nous, et sans l'avoir mérité, cette vue donne du courage, surtout lorsque l'on a tant à expier. Or, vous savez si c'est avec raison pour moi^ »
Cette retraite de Chambéry fut, en effet, un exercice de la plus effrayante mortification. La mère générale avait pris pour directeur M. l'abbé Favre, missionnaire fort austère pour lui-même et qui menait les âmes par de rudes sentiers. Il n'eut qu'à lâcher la bride à sa pénitente, pour que celle-ci se livrât à son ancien attrait. S'armant de feuilles hérisées de pointes, cueillies dans le jardin, elle s'en fit une ceinture qui la meurtrissait. La sœur qui la servait, s'en étant aperçue, lui enleva ce véritable instrument de supplice; mais M"" Barat y substitua aussitôt une ceinture de fer. Cette fois, cf fut le sang dont son linge était rougi qui révéla ce nouveau genre de torture à la sonir. qui ne put s'empèciier de
1 A M- Grnsi.T, 2 nvril 18;U.
'•! A M"'* lii- I.immiii^'lic. 12 pI '2t". mars ItStt.