‹ Histoire de Madame BaratChapitre 40 sur 311 · SES COURSES APOSTOLIQUES · texte numérisé non relu

SES COURSES APOSTOLIQUES

Dès le 13 novembre, M"'° Barat commença sa tournée par le Nord. Là, ayant visité ses maisons de Beauvais, de Lille et d'Amiens, elle rentra à Paris le 24 décembre. Ce fut pour repartir le 7 février 1834; et se dirigeant vers rOuest, puis de là vers le Midi, elle visita ses familles du Mans, de Poitiers, de Niort et de Bordeaux. Partout ses filles l'entouraient d'hommages qu'elle était bien tentée de leur reprocher. « Il est vrai, disait-elle, que c'est Jésus que vous honorez ainsi dans votre supérieure ; mais vous avez bien du mérite de reconnaître ce bon Maître ainsi défigurée »

En retour, la sainte mère semait partout sur ses pas la paix, la concorde, le zèle, l'ardeur au service de Dieu.

A Poitiers, elle consola son ancienne compagne, la mère Henriette Grosier, qui avait éprouvé de grandes peines intérieures. « Vous avez si longtemps souffert, ma chère Henriette, que je me réjouis de la paix qui inonde votre âme. Ah! elle est bien plus divine, quand elle est moins sentie; car alors Notre-Seigneur opère avec moins de mélange de nature. D'ailleurs les croix, les sécheresses, les absences, ne font que purifier Tàme et la préparer à une union plus intime avec l'Epoux. C'est donc un bien, ma chère mère et fille, mais à une condition : c'est qu'on sera fidèle jusqu'à la délicatesse-. »

A Niort, elle renouvela à M""' Giraud les fortes instructions qu'elle lui donnait naguère : « Les temps deviennent si mauvais! La foi parmi nous diminue à vue d'œil,

i A \jrae Em. Giraud. Bordeaux. 7 mars 1834. 2 Rome , 2 avril 1833.

celle foi qui est pourtanl le plus précieux de lous les biens! Gravez -la donc plus que jamais, fortement, profondément dans le cœur de vos filles el de vo^ enfanls : ces enfants pour qui Jésus a lant souffert! Vous savez à quelle épreuve elle sera mise dans le monde. Mais surtout, n'oubliez pas que, pour la donner, il faut l'avoir soi-même avec abondance. Allumez-en donc le flambeau dans l'oraison ^ » Et une autre fois, au lendemain de cette même visite à Niort : « Je vous ai laissée en bonne disposition. Donnez l'exemple à vos filles, attachez- vous surtout au solide de la vertu. Ce fond manque chez plusieurs. Mais la bonne volonté, animée par l'amour, vaincra tous les obstacles. « L'amour, dit le chantre divin, absorbe même les « flammes de l'enfer; la charité en triomphe. » Oh! que nous sommes à plaindre d'ignorer ce divin secret! Tout nous deviendrait facile sans cet obstacle de notre nature lâche et inconstante. Hâtons-nous, ma fille, do le sacrifiera »

Enfin, à Bordeaux, elle s'appliqua à former la nouvelle supérieure, M""' Buesen, à qui elle disait : « L'essentiel, ma fille, est de mettre du nerf dans votre gouvernement; mais surtout de gagner la confiance de vos filles. » Elle consola aussi la mère de Lalanne, qui, proche du tombeau, devenue sourde et fort souflYante, entrait de plus en plus dans cette paix profonde dont elle disait : « Quand mon ànie est remplie de Dieu, elle n'a plus besoin que de silence et d'amour. »

De Bordeaux, la supérieure se tourna vers Lyon, où

1 21 mars 1833.

2 Bordeaux, 7 mars 18;! i.

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