SA VISITE A LYON
elle arriva le soir dû 6 avril. L'association des Enfants de Marie, qu'elle y avait fondée à son dernier voyage, fut le premier objet de sa sollicitude. Dès le lendemain de son arrivée, elle en présida une réunion solennelle où lui furent présentées les enfants assistées par la congrégation. Ce fui un moment de jubilation pour l'aimable mère. S'entourant de ces petites filles, allant de l'une à l'autre, elle leur faisait dire leurs noms, leur condition, leur âge, distribuant à chacune ces mots pleins d'à-propos, d'esprit et de bonté, qui sont l'aumône du coeur. Ensuile se tournant vers leurs mères adoptives : « Quelle belle et nombreuse famille Marie vous a donnée! Mais vous-mêmes, Mesdames, vous devez à ces enfants encore plus qu'elles ne vous doivent : vous leur devez le bonheur; car en est- il de plus grand, de plus digne de vous que celui de faire du bien? Ah! je vous en conjure, n'allez pas en chercher un autre dans les plaisirs du monde : vous ne l'y trou- .veriez pas'. » Elle demanda aux enfants d'intercéder pour elle auprès du Gœur de Jésus; puis elle les bénit.
Cette heureuse journée ne laissait pas présager celle qui allait la suivre.
On se souvient qu'en l'année 1831, M""' Barat était entrée à Lyon le lendemain d'une émeute. Elle y entrait, cette fois, la veille d'un soulèvement bien autrement formidable. L'insurrection républicaine, fomentée sourdement parmi les ouvriers, éclata le 8 avril; et s'emparant des hauteurs qui commandent la ville, elle soutint contre la troupe, pendant quatre grands jours.
1 Procès-verl)al de la cnngn'galion des Enfants de Marie, de Lyon,