‹ Histoire de Madame BaratChapitre 42 sur 311 · II · texte numérisé non relu

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une lulle meurtrière, avec une énergie digne d'une meilleure cause. Bloquée avec ses sœurs dans la rue Boissac, n'entendant jour et nuit que le tocsin, la fusillade, le canon, l'écroulement des maisons incendiées et ces clameurs sauvages qui traversent une ville en révolution, ignorant le sort de Paris et des provinces, que l'on disait également en insurrection. M"® Barat portait dans son cœur les angoisses de sa Société entière. Ce fut seulement le 14 que le général Aymar assura la victoire à l'autorité. Ce jour-là môme, M°'^ Barat se hâta d'écrire à M""^ de Gramont : « Que je souffre, chère Eugénie! Jamais mon pauvre cœur n'a tant pâti. Faites -vous l'idée d'une guerre affreuse dans cette ville! Voilà six jours entiers que nous sommes cernées et enfermées chez nous, environnées de troupes et de trains d'artillerie; car Bellecour est le quartier général de cette petite armée. Jour et nuit, nous n'entendons qu'un roulement de canon presque sans interruption, joint à une fusillade opiniâtre et meurtrière. Les journées de Juillet, où nous avons tant souffert, n'étaient rien en comparaison. De vastes incendies, des quartiers abattus par les ravages du canon : voilà la triste image que la ville présente en ce moment. » — « Jamais on ne se fera l'idée d'un tel acharnement, ajoutait-elle le lendemain. Jamais aussi je ne m'étais trouvée à pareille affaire; on n'en revient pas! On dit que si nou> étions tombées au pouvoir de cette troupe ennemie de tout ordre, nous étions perdues. La sainte Vierge nous a sauvées : nous l'avions bien j)riée. »

Ceux qui ont le souci du progrès de la vérité et de la charité savent quelle grande douleur c'est de vivre en des temps où les révolutions remettent sans cesse en

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