‹ Histoire de Madame BaratChapitre 45 sur 311 · FONDATION A JETTE-SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

FONDATION A JETTE-SAINT-PIERRE

Emilie, demandez maintenant que celte vie qui m'est rendue soit tout employée pour la gloire du Cœur de Jésus. S'il en était autrement, mieux vaudrait mourir ^ . »

Dans l'année précédente, revenant de Charleville, la mère générale avait visité Bruxelles, et accueilli favorablement la demande d'une maison dans le voisinage de cette capitale. A une demi-lieue de là, un vaste domaine, comprenant trente-trois hectares de terres, bois et culturcs, s'étendait dans un village appelé Jette- Saint- Pierre. Elle l'avait acheté; M"''' de Charbonnel y présidait à l'achèvement d'une grande construction. M'^^Barat y vint installer Notre-Seigneur dans une chapelle provisoire, où l'on solennisa la fêle du Sacré-Cœur. Une des conditions faites alors par les familles était que le pensionnat fût réservé à la noblesse : M""^ Barat écrivit à cette occasion : « Ah! ma fille, vous comprenez que j'agis ainsi à regret, car je préfère devant Dieu les œuvres les plus pauvres. Mais nous nous devons à tous,... et, d'ailleurs, cette classe est celle qui a le plus de besoin. Puis, si le Cœur de Jésus daigne bénir celte fondation , nous pourrons en faire une autre où toutes les classes aisées seront admises : c'est mon unique but ^ »

En attendant, on commença par ouvrir, à côté du pensionnat, des classes pour les pauvres. Les femmes du peuple y venaient le dimanche entendre la doctrine chrétienne, et s'en félicitaient, comme étant un bon moyen d'apprendre le français. C'est à cela que faisaient

1 Paris, 18 juillet 183S.

2 A M'"= Galitzin , 20 octobre 1837.

allusion ces lignes de la supérieure M""® Thérèse de Wall : c( Vous avez reconnu là un des filets que jette saint Pierre; car peut-êlre, ma digne mère, savez-vous que notre village tire ce nom d'un tableau de l'église paroissiale représentant saint Pierre jetant le filet sur la parole du divin Maître. Nous osons espérer que ce grand saint nous aidera à tendre ainsi aux âmes des pièges salutaires, et qu'une pèche miraculeuse sera notre récompense. »

De retour à Pai'is, M""" Barat s'y consacra à une œuvre qui, dans sa pensée, devait être le centre de toutes les autres. C'était l'établissement de la maisonmère et du noviciat dans une maison distincte de l'hôtel Biron. Non loin de cet hôtel, et séparé seulement de ses jardins par la rue de Babylone, se trouvait, rue Monsieur , un hôtel possédé par le marquis de Nicolay. ]^|me garât le loua pour le Sacré-Cœur, qui en prit possession le 10 juillet 1835. Elle-même s'y établit et y passa dix mois au milieu de ses novices. Nous renvoyons plus loin le tableau de ce noviciat de la rue Monsieur, pour ne pas nous distraire ici du spectacle de la vie extérieure et apostolique de M""^ Barat.

Disons seulement que ce fut là qu'elle apprit, au commencement de 1836, la mort de la vénérable supérieure du Mans, M""" de Gramont d'Aster. Cette mort fut celle d'une sainte. Ayant mis ordre à ses afTaires, elle dit à sa secrétaire : « Maintenant tout est prêt, je n'ai plus qu'à souiïrir et à m'abandonner. » Ses soufTranccs furent longues : « Dieu me fait mourir j)cu à peu; I iiMiti'l il ne me restera plus (|uc le cuiiii pour dire : Fiat.' » Elle s'occupa jusqu'à la lin des pauvres, des enfants; puis, pleine d'allégresse, se livrant tout entière à la croix , à

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