‹ Histoire de Madame BaratChapitre 54 sur 311 · MADAME JOSÉPHINE GOETZ · texte numérisé non relu

MADAME JOSÉPHINE GOETZ

ans. Après six mois seulement d'épreuve dans le monde, elle entra à Montet, oiî elle ne chercha qu'à se faire oublier. Néanmoins M"'^ Coppens pénétra non -seulement le secret de son mérite, mais aussi, semble-t-il, celui de son avenir. Dans une maladie mortelle que fit sa chère novice , on entendait la supérieure se dire en sanglotant : « Le Seigneur m'a donc trompée? Ne m'avait-il pas dit que cette âme était destinée à faire de grandes choses pour sa gloire? » Cette âme devait, en effet , être d'autant plus élevée dans la Société qu'elle s'abaissait davantage elle-même; et c'était son successeur que la supérieure générale, sans le savoir encore, venait de rencontrer dans cette novice parfaite.

Le même jour que M"'" Gœtz prenait à Montet le voile des novices de chœur, le voile de novice coadjutrice était donné à une humble sœur que rien ne distinguait des autres, sinon sa simplicité. On ne la connaissait que sous le nom de sœur Elisabeth. Souvent on la reprenait à cause de sa gaucherie, car elle ne savait rien faire; mais elle acceptait si bien les humiliations et les corrections, que l'on ne pouvait s'empêcher d'admirer sa vertu. Il y avait deux ans que M""" Barat l'avait envoyée à Montet. D'où venait-elle? Qui était-elle? C'était le secret particulier et impénétrable de sœur Elisabeth et de M""^ Barat.

En 1834, la mère générale avait reçu, à Paris, la visite d'une -personne de trente ans environ, qui demandait à entrer dans sa Société comme sœur coadjutrice. Interrogée sur son nom , elle avoua qu'elle s'appelait Pauhne de Saint-André de la Laurencie de Villeneuve ; mais que ce nom elle voulait l'ensevelir à jamais dans

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