‹ Histoire de Madame BaratChapitre 55 sur 311 · II · texte numérisé non relu

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robscLirité. Elle était née à Néré, dans la Charente- Inférieure; on l'avait retirée de bonne heure de la maison paternelle pour soustraire sa jeunesse 'au spectacle de désordres dont on redoutait le scandale. Sa tante. M"' de la Laurencie de la Thibaudière, qui lui servait de mère , l'avait fait élever chez les Dames Ursulines, à Saint-Jean-d'Angely. Tout ce qu'une riche instruction et une belle éducation peuvent ajouter d'éclat au charme de la jeunesse et à l'aménité d'un beau caractère, M"*" de Saint- André l'avait apporté ensuite dans' les cercles brillants où aimait à la produire sa tante de Laurencie, fière de ses succès. La nièce obéissait, mais son cœur était plus haut; et quand elle eut soigneusement élevé sa plus jeune sœur, quand elle l'eut dirigée, établie, dotée, avec un dévouement, une persévérance et une intelligence des affaires toute virile, M"" Pauline vint demander à une communauté religieuse du voisinage d'y être admise au rang de simple so:ur converse. On ne la comprit point. Elle s'adressa alors au Sacré-Cœur de Bordeaux, et c'est de là qu'on l'envoya, toujours en secret, à M'"'' Barat.

Examinée par cette mère, la^ostulaiile lui confessa les malheurs de sa famille. Elle lui apprit ensuite que, sollicitée dès sa première communion de se donner à Dieu, elle se sentait appelée à la mission spéciale de s'immoler pour les siens, et à expier leurs fautes, en <e faisant la servante des servantes de Jésus -Christ. C'était là une de ces voies extraordinaires dont M""" Baw^at redoutait lant l'illusion. Mais, d'autre part, comment une âme aussi élevée que la sienne n'eût-elle pas été touchée de la délicatesse d'un pareil motif et de la magnanimité d'un leldévouonionl?Elle rei^ul la postulante, du

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