‹ Histoire de Madame BaratChapitre 57 sur 311 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

NOVICIAT DE ROME, A LA VILLA-LANTE . Dec. 1836 — août 1838.

Mme Barat à Parme, à Loretle, à Rome. — Elle est reçue en audience par Grégoire XVI. — Sa vénération pour lui. — Sa sympathie religieuse pour les souffrances du Pontife. — Douleurs et espérances de l'Eglise. — M"» Barat ouvre un asile d'enfants à Sainte-Ruffine. — La Villa-Lante est achetée. — Son grand site. — M™« Barat s'y plonge dans la vie spirituelle. — Direction des novices. — MM" Baviera , Simoni, Thérèse Colonna. — Leur vie champêtre et solitaire. — Le choléra à Rome. — M™» Barat apprend inopinément la mort de sept religieuses de la Trinité. — Précieuse fin de M"»" Pauline Bellefroid. Adélaïde Babad, Amélie Jourdan. — M"» Barat recueille les orphelines du Transtevère. — Elle-même tombe malade. — Elle quitte Rome et rentre en France.

Le 6 décembre 1836, M"*^ Barat adressa à sa Société une lettre circulaire dans laquelle elle annonçait qu'elle allait s'éloigner encolle davantage. « Des raisons graves, écrivait-elle, et qui regardent principalement nos maisons de Rome, exigent notre présence, pendant quelque temps, dans cette capitale du monde chrétien. »

Elle partit de Turin le 15 décembre, et se dirigea d'abord vers sa maison de Parme. Là, un comte génois,

qui se disposait à entrer aux Jésuites de Rome, apprenant que la mère générale du Sacré-Cœur se rendait dans cette ville, s'estima honoré de prendre la même voiture qu'elle et sa compagne. « Il croit fermement voyager avec des saintes, écrivait la supérieure dans cette circonstance. Il sera bien attrapé, du moins pour ce qui me regarde. Priez, ma fille, pour que nous ne le trompions pas. » Il fallut faire encore une station à Modène, où le duc, qui voulait obtenir une fondation, la combla d'honneurs extraordinaires. Elle ne s'arrêta plus ensuite qu'à Lorette « pour se mettre sous la protection de la Vierge des vierges », et le 11 février, elle était rendue à Rome, sa seconde patrie.

C'est là, c'est à Rome, au cœur même de l'Église, rpie les battements, pour ainsi dire, s'en font mieux sentir. Nous avons déjà vu cette sympathie filiale, au premier voyage de M™° Rarat. Ce que cette grande catholique voyait dans Rome, c'était le pape ; dans le pape, l'Église ; dans l'Église, Jésus-Christ. Elle regardait justement Grégoire XVI comme un saint. « Il est le Saint-Père dans tous les sens, » disait-elle. Elle obtint, le 20 février, une audience qui l'affermit encore dans ces hautes vues de foi. « Avec quelle bonté , avec quel intérêt pour la Société, il nous a accueillies! faisaitelle savoir à une de ses filles. Je l'ai prié de nous bénir toutes, et il l'a fait avec une telle alTection que j'en ai été attendrie. » Mais ce qui, dans celte visite, l'émut plus que le reste, fut le contre-coup des soulTrances dont elle voyait la trace sur les traits du Pontife, comme ellemême le rapporte : « Mon âme était pénétrée de douleur à la vue des peines, je ne dis pas assez, des angoisses, fju'éprouvo chaiiuc jour lo rmir de ce saint

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