‹ Histoire de Madame BaratChapitre 6 sur 311 · TROUBLES EN SUISSE · texte numérisé non relu

TROUBLES EN SUISSE

demandait la réforme de la constitution politique des cantons, pour avoir l'occasion de persécuter l'Église, en commençant par proscrire les Ordres religieux. Qu'allait devenir, dans ce cas, l'asile de Middes et de Montet? Déjà on lisait dans les journaux du pays qu'une armée de cinq cents religieuses, sa supérieure générale en tête, venait de faire invasion sur le territoire! L'autorité civile feignait d'en être très-émue. Le pieux évêque de Fribourg, M^'' Tobie Yenny, si favorable à l'établissement de Montet, vint dire néanmoins à ^1"*° Barat que, pour parer aux éventualités, elle ferait bien d'aller s'assurer un refuge dans ses maisons des Etats sardes, à Turin ou à Ghambéry, en s'éloignant d'un pays qu'inquiétait à ce point la présence d'une femme.

M"'" de Gramont venait de repartir pour la France. Le dimanche 19 décembre, la mère Barat, prenant avec elle M"'" Desmarquest , dit adieu à « ses chères ermites de Middes » , comme elle les appelait. « Nos mères s'en vont pourvoir à notre sûreté à venir, rapporte ici leur journal. Où donc irons-nous? c'est ce que le petit troupeau ignore. Mais nous vivons toujours moment à moment, tranquilles dans les soins prévoyants de la divine Providence, sous la conduite de nos mères de Gharbonnel et Henriette , qui font notre bonheur ^ »

Voilà la destinée et la grâce supérieure de M"'° Barat. Elle vient de donner -un asile à ses filles, mais elle n'en a plus pour elle-même!... Les filles se proclament dans le bonheur et dans la paix; la mère rentre dans la vie de souffrance et de combat. «G'est que, dit Suarez, les

1 Journal de la fondalion , au 19 décembre, p. 103.

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