‹ Histoire de Madame BaratChapitre 7 sur 311 · II · texte numérisé non relu

II

douleurs les plus grandes, les tristesses les plus amères sont pour les âmes les plus saintes, quoiqu'elles soient moins redevables à la justice divme'. » Telle est, en particulier, la prérogative des supérieurs. « Il faut que la croix qui est l'arbre de vie, a dit un saint religieux , soit plantée dans toute la communauté pour réparer les fautes et attirer les grâces. Mais lé vrai sol oîi la croix doit s'enfoncer d'abord est le cœur du supérieur comme le Cœur de Jésus. Là est son privilège ; à lui d'être victime. Il est supérieur en Jésus pour cela -. »

M'"" Barat allait donc connaître , dans son cœur, dans son âme, dans son corps, de no,uvelles douleurs.

Elle venait de passer le lac de Genève* à Vevey, pour se rendre en Savoie, quand une lourde rechute sur son pied malade vint renouveler ses souffrances et aggraver les difficultés de la situation. Il fallut d'abord la déposer à Genève; puis on eut beaucoup de peine à la transporter de là à Chambéry, où le docteur lley lui prescrivit la plus complète inaction.

M"'" Barat ne se plaignit de rien. Elle considéra Jésus tombant pour la seconde fois sous le poids de sa croix, elle considéra surtout les souffrances de son Eglise, et, y unissant les siennes, elle écrivit simplement : « Dieu veut que nous souffrions. Hélas! son divin Cœur est abreuvé d'amertume : n'est- il pas juste que nous en goûtions notre part? Aussi je ne me plains pas de la mienne, qui est petite. Je ne souffre que de mon impuissance, ne pouvant me rendre où il

1 » Ili doloros cl Irisliliœ majores iii illis aiiiiiialms qu;i' siinl saiicliorcs, eliams-i minus di-bilum minorcmque realum liabeaat.» (.^uaroz. </f l'nrgalor. Disputai, xi.vi, soclio l».)

- Le P. Olivainl, Uclrallc de \s:y, , vu'' jour. \>. l'Jl).

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