‹ Histoire de Madame BaratChapitre 61 sur 311 · SES ÉLÉVATIONS SAINTES U · texte numérisé non relu

SES ÉLÉVATIONS SAINTES U

Elle sortait de là pleine de clartés sur Dieu et sur ellemême. « Dieu la suivait de très-près, rapporte M'"^ de Limminghe, et elle découvrait en elle des atomes d'imperfections. » Volontairement soumise à la conduite de cette mère, que de fois ne vint- elle pas s'humilier devant elle, en s'accusant de ses moindres manquements! Elle ne se comptait pour rien. A la sainte Madeleine, quelques-unes de ses filles lui ayant fait parvenir de différents côtés leurs compliments de fête : « Priez, répondit-elle, priez pour que je devienne moins indigne de vous toutes. Ah! mes filles, que vous êtes pauvrement gouvernées! Heureusement que Notre- Seigneur n'a besoin de personne pour faire son œuvre; et que moins il y a de l'homme, plus il y a de Dieu. S'il veut se servir du néant, il ne pouvait mieux choisir, je vous assure'. »

C'est avec cette grandeur d'âme et cette humilité spontanée, vive, aimable, que M""" Barat dirigeait ses novices. Douze jeunes filles, dont plusieurs appartenaient aux premières familles de l'Italie, donnaient, par leur ferveur, de solides espérances à la Société! Faisant allusion à ce nombre de douze , M""' Barat leur disait : « Je puis bien vous répéter la plainte que Notre- Seigneur faisait à ses Apôtres : « La moisson est grande, « mais il y a peu d'ouvriers. » Cependant, Celui qui a converti le monde avec douze pêcheurs, peut bien se servir de vous pour porter la connaissance et l'amour de son Cœur, non-seulement dans votre patrie, mais dans d'autres conlréps'^ )^

1 A M-"^ Granon, 2^» nov. 1836 et 23 juillet 1S37.

2 Tém. lie M"" Anna Ronloiirlinn, n" 5'i.

En effet, parmi celles qu'il nous est permis de nommer, plusieurs de ces novices se disposaient à devenir de véritables apôtres. L'une d'elles était la filleule de la comtesse Mastaï, mère du pape Pie IX, et son enfance s'était passée dans l'inliraité de cetle pieuse famille qui, comme la sienne, habitait la petite ville de Sinigaglia. Catherine Baviera, élevée par les Franciscaines, avait pensé d'abord à entrer dans leur Ordre, quand un religieux d'Ancône lui déclara que c'était au divin Cœur de Jésus qu'elle devait se consacrer. xMais alors l'un et l'autre ignoraient qu'il existât un Ordre voué au culte et à l'apostolat de ce Cœur sacré ; ce fut une élève de Turin qui le lui révéla et lui donna ainsi la clef des desseins de Dieu. Catherine venait de prendre l'habit, le 20 mars 1836, quand on eut le bonljeur de voir arriver à Rome M""' Barat. La mère générale admirait en elle une âme toute à Jésus, auquel elle fut unie dans la vie et dans la mort, car elle devait expirer le jour même du vendredi saint, le 14 avril

Une autre novice bien remarquable fut Ursule Simoni, enfant de la Sabine, entrée àSainte-llufline dès l'âge de dix-sept ans, sur la recommandation très-particulière du cardinal Lambruschini. Son trait distinctif élail la générosité. Dès le novicial, clic aspirait aux missions d'Amérique, et quand, plus tard, elle eut obtenu celle faveur, elle soupira encore plus ardemment après le • bonheur du martyre. Celui de la charité lui fut du moins accordé : elle devait mourir à trente -trois ans, en Louisiane, victime de son dévouement pendant une épidémie. LUe disait au prêtre (jui pleurait au spectacle d'une si belle fin : « Ne pleurez pas. Monsieur, mais

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