LES NOVICES ROMAINES I
promettez-moi que, toute votre vie, vous propagerez la dévotion au sacré Cœur '. »
En mentionant quelques-unes des novices de la Villa- Lante, nous ne pouvons omettre une de celles que la mère générale affectionnait le plus. M"*' Thérèse Colonna était de cette famille, dont le nom, tant de fois illustre, s'atlache surtout au souvenir de la bataille de Lépante. ]^,jme garât l'aimait à cause de son bon cœur, de son caractère franc, de son esprit fertile en saillies naturelles; mais elle prévoyait combien cette nature extérieure, exubérante, aurait de peine à se plier au joug de la discipline. Elle écrivait dès lors : « Quelle pétulance chez Thérèse! Ira-t-elle jusqu'à la fin? Dieu seul le sait. Elle a de l'esprit, des moyens, une innocence rare; mais c'est de la poudre, elle met aussitôt le feu et le désordre partout où elle paraît... Priez pour qu'elle persiste, car elle a des vertus vraiment grandes, je la regretterais beaucoup ^ » Toutefois, ce n'était pas l'habitude de M™® Barat de faire fléchir la règle, en considération des personnes, si aimées, si nobles fussent-elles. M'^^ Colonna ne put faire profession. Mais, si elle n'entra pas dans la famille religieuse de la sainte et chère mère, du moins elle se fit toujours honneur d'être son amie, s'attachant à ses pas, en Italie et en France, n'aimant à habiter que dans les diverses maisons de sa Société, et disant volontiers
1 Mer Martin, évêque deNatchitoches, à qui elle dit cette parole, étant venu à Paris , en ce dernier été 1875 , ne parlait de M""= Ursule Simoni qu'avec une inconsolable admiration. Le P. Manfredini, de Rome, voulait faire écrire sa vie, dont il avait apprécié le mérite et la sainteté. — V. notice sur sa mort. Leltr. annuelles, 18o4-18o.o, x, p. 33.
2 A M"" Galitzin. Rome, 22 juin 1837.