II
« qu'il ne lui avait manqué qu'une dispense de silence pour être du Sacré-Cœur ».
D'ailleurs, toutes ces jeunes filles, quel que fût leur rang, partageaient la vie simple, pauvre, champêtre, de leur mère générale. M""^ Barat s'intéressait à toute cette riche campagne de la Villa-Lante, au bois de citronniers, alors le plus beau de Rome, aux vignes pendantes, aux arbres, aux jardins, aux animaux. Il y avait là un pauvre chien qui, devenu ensuite boiteux et souffrant, obtient une ligne d'intérêt dans presque toutes ses lettres. « Je le crois malheureux, disait- elle, et pourtant eux, ces pauvres animaux, ils n'ont pas péché. » Elle ne fut tranquillisée que lorsqu'elle apprit, plus tard, que Pollux était guéri. A l'automne, elle emmenait ses novices faire, avec elle, la vendange et la récolte des fruits sur le coteau ou les hauteurs voisines de la porte de Saint-Pancrace. Là, on s'asseyait à terre à l'heure du goiiter, que la mère générale distribuait, elle-même ; puis elle faisait de pieux récits à sa jeune famille. « Pendant ce temps, dit le journal, nous pensions aux autres novices de la Société, à celles de Paris ou de Suisse ; et nous nous demandions de quel œil jaloux elles nous considéreraient, s'il leur était donné, avec une longue-vue, de contempler ce cercle de novices romaines, assises autour de leur vénérable mère ^ » D'autres fois, on allait prendre place dans le bosquet du jardin conligu à Saint- Onuphre, près de l'arbre sous lequel on dit que saint Philippe de Néri avait coutume de réunir et d'instruire
1 Annal i (ici A'ovizialo romano , 7 oU. 1837. Fascicolo I, p. GG. Ce journal est de la rédacliou de M"" Thérèse Colonna.