‹ Histoire de Madame BaratChapitre 69 sur 311 · LE NOVICIAT DE LA RUE MONSIEUR · texte numérisé non relu

LE NOVICIAT DE LA RUE MONSIEUR

Août 1838 à février 1839.

Retour triste et doux de M™^ Barat. — Le postulat et ses conditions. — Liberté de la vocation. — Accueil fait aux postulantes. — Respect des voies diverses et de la vocation aux autres ordres religieux, — La considération de la double vie active et contemplative au Sa(iré-Cœur. — Désintéressement du rang et de la fortune dans l'acceptation des postulantes. — Respect de M""= Barat pour les devoirs de famille. — Son affection pour les postulantes; elle dissipe leurs doutes. — La maîtresse des novices, M"" Eulalie de Bouchaud. — M""" Barat forme la maîtresse et les disciples. — Les entretiens spirituels de la rue Monsieur : vertus d'abnégation, d'amour de Dieu, de charité pour les enfants, les pauvres, les âmes. — Apostolat de la prière. — Entretiens de M. l'abbé Desgenettes. — Apostolat des missions. — Mgr'Dupuch au noviciat. — Demande de fondations. — Les deux apôtres du Sacré-Cœur : le P. Varin , le P. de Ravignan. — Départ de Mme Barat.

Arrivée à Paris, M™^ Barat se rendit immédiatement parmi ses novices de la rue Monsieur. Les premières paroles qu'elle leur adressa furent d'une mère et d'une sainte : « Mes chères enfants, leur dit-elle, je n'ai plus de jambes, je n'ai plus de voix; mais j'ai bien senli que j'avais encore un cœur. Ce coeur désirait bien de se

retrouver ici. Il le désirait trop, sans doute, et c'est pourquoi Dieu m'a si souvent arrêtée en chemin. Alors, je lui disais : Seigneur, tout ce que vous voudrez ; mais si je dois mourir, je voudrais bien que ce fût à Paris*. »

On avait préparé quelques couplets pour son retour. Elle arrêta les chants. « Cela ne m'est pas nécessaire pour me prouver que vous m'aimez. Voyez, mes bonnes lilles, moi aussi je vous aime, et cependant je ne chante pas. » Puis, laissant voir la source de son inconsolable aflliction : « Ah! mes enfants, dit-elle avec un long soupir, si j'avais le don des miracles, aucune de vous ne mourrait jamais. »

M"'° Barat demeura, comme précédemment, auprès de son noviciat, où elle^reprit l'œuvre de zèle que nous venons de lui voir faire à Montet et à Rome. Mais avant de raconter quels y furent ses exemples et ses enseignements, disons à quelles conditions elle en ouvrait la porte à celles qu'elle appelait le printemps et respérance de sa Société.

M"'*" Barat souhaitait de nombreuses postulantes. Elle faisait prier partout à cette intention, répétant le cri du Seigneur : « La moisson est grande, mais il y a peu de moissonneurs 1 » Absente, elle se faisait donner le nom des nouvelles venues; mais elle tenait bien plus à la valeur qu'au nombre, et elle écrivait à la maîtresse de Paris : « J'ai été bien contente de la liste de vos jxjstulantes et novices : au moins, je les connaîtrai. Leur nombre m'a réjouie. Je fais des vcmix, afin que \v Cœur de Jésus le double. Ah! surtout, qu'il les appelle grandes, généreuses, amantes de la croix. .Vulremenl,

1 Journal du iiovicial , 2;j août 1838.

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