II
France ^ » Un jour qu'elle communiquait à ses novices des offres qui lui étaient faites de Hollande et de New- York : « Et n'accepterez-vous pas? lui demandèrentelles tout d'une voix. — Et qui voulez -vous donc que j'envoie ? — Nous , répondirent plusieurs. — Vous? hélas ! des novices ! et quelles novices encore ! » Puis , après un instant : «Combien êtes- vous ici? — Quarante, lui dit-on. — Ah! reprit-elle, c'est bien ma faute si vous n'êtes pas davantage; car si j'avais été ce que j'aurais dû être, ce ne serait pas quarante que vous seriez, ce serait quatre cents! — H y a un moyen de tout réparer, ma mère, et d'en venir là tout de suite, reprit M"'"' de Bouchaud : c'est que chacune des quarante en vaille dix à elle seule. » M""® Barat applaudit. On cita l'exemple d'un saint François Xavier, d'une sainte Thérèse, d'une vénérable Marguerite-Marie, et, à leur imitation, on promit de se multiplier pour la gloire de Dieu ^
Voilà quelles étaient les leçons d'humilité, d'amour divin et de pauvreté, qui sortaient de l'enseignement et surtout de l'exemple de M""^ Barat. Ajoutons, en finissant, que de grands serviteurs de Dieu la secondaient dans cet ouvrage. M. l'abbé Trébuquet ne revoyait plus la France qu'à de rares intervalles ; mais deux apôtres dévoués restaient au Sacré-Cœur. L'un devait être encore quelque temps son soutien , l'autre était déjà son espérance.
Le premier, on le devine, était le Père Varin. 11 avait soixante-huit ans, et à sa première ardeur se mêlait
I A M'- (!.■ la Croix, 1H fév. 1836.
'■i V. Journaux du noviciat. — f.ali. v el vi, IKJ5 cl 1S3(">.