CONVOCATION DU CONSEIL A ROME
mencement de juin. « Jamais , y disait-elle , jamais cette réunion n'a été plus indispensable que dans ces circonstances. » D'autres lettres, parties de là, allèrent rassurer quelques-unes de ses filles sur les conséquences de son éloignement : « Soyez pleine décourage et d'espérance, ma fille, écrivait- elle à M""® Eulalie de Bouchaud. Soutenez les restes d'Israël. Ce temps d'épreuves pour la Société passerai j> Une autre lettre adressée à M""' Giraud témoignait de sa volonté de retourner en France ; et quelle flamme de tendresse sacrée anime ces lignes! « Oui, ma chère Emilie, je reverrai mes maisons de France et mes anciennes compagnes. Vous retrouverez votre mère sur cette terre d'exil, si Dieu lui accorde de prolonger ses jours. Lorsque la Société sera organisée, je pourrai plus aisément m'occuper de mes vieilles filles, en les encourageant à poursuivre l'ouvrage de leur perfection jusqu'au dernier soupir. Faisons comme le cygne, qui garde, dit-on, sa plus belle harmonie pour sa dernière heure. Telle est la mort des saints. C'est l'acte d'amour le plus pur, le plus brûlant et le plus parfait de leur vie ^ »
Le Conseil eut de la peine à réunir ses membres. M""^ Eugénie de Gramont , d'ailleurs peu favorable à la réunion de l'assemblée à Rome, ne put quitter Paris, à cause des menaces du temps. Les mères Deshayes et Grosier se firent dispenser pour cause d'âge et de santé. Elles furent remplacées, l'une par la mère Galitzin, secrétaire générale, l'autre par la mère Thérèse, qu'on fit venir de Nantes. Les mères de Char-
1 Rome, 27 avril 4839.
2 Rome, 16 mai 1839.