‹ Histoire de Madame BaratChapitre 90 sur 311 · CLOTURE DU CONSEIL · texte numérisé non relu

CLOTURE DU CONSEIL

tantes générales. M"""^ de Charbonnel, Desmarquest, de Limminghe et Galitzin furent élues. Les fonctions d'économe générale furent continuées à la mère de Charbonnel, celles de secrétaire à M'"" Galitzin.

Le 12, M""® Barat et les conseillères se rendirent de la Trinité à la Villa- Lante. On parcourut en procession les allées de la colline , festonnées de guirlandes et jonchées de fleurs. On monta ainsi jusqu'au haut du jardin devant une fresque adossée à la villa Corsini et représentant la Mère des douleurs. Là, la supérieure consacra sa Société au cœur transpercé de Marie : « 0 Marie, lui dit -elle, obtenez-nous de Jésus cette humilité profonde, ce courage qui nous élève au-dessus de la douleur, et nous rende vos vraies enfants, calmes et immobiles comme vous au pied de la croix : Stabat juxta crucem. » On remarqua en cette journée que M""' Barat était triste. Le lendemain, les mères se rendirent auprès de Grégoire XVI, qui les bénit encore, en joignant de nouveau des paroles d'encouragement à sa bénédiction ^

Le Conseil se dispersa. Une lettre circulaire de la supérieure fit connaître sommairement les Décrets additionnels, en faisant espérer qu'une plus complète rédaction en serait bientôt adressée à chaque famille de l'Ordre. Le dernier des Décrets était ainsi conçu : « La résidence de la supérieure générale sera fixe désormais, » mais sans désigner le lieu où elle se fixerait. Par une délicatesse où il paraît autant de bonté que de prudence. M™" Barat n'avait pas voulu que Rome fût

1 V. notes de M'"<= Aymardin de Nicolay, et M^^ Boutourlinn. — Doc. n« 83.

encore nommée, se réservant d'adoucir elle-même dans ses lettres. ce que cette nouvelle apporterait de chagrin ou de mécontentement à ses maisons de France.

Mais déjà on y concevait de trop justes alarmes. M™" de Gramont, en particulier, ayant été instruite immédiatement, en écrivit à Rome une lettre éplorée. Voici la douce réponse que M""" Barat fit le 25 juillet a cette fille si chère : « Votre douleur, mon Eugénie, a passé dans mon âme, et votre mère, elle aussi, a besoin de se retirer pour prier et pleurer. » Elle conservait, toutefois, l'espérance de la revoir. « Sans cela, ajoutait-elle, je n'aurais pas le courage de supporter mon exil. Si donc le Seigneur veut que je sois fixée à Rome, vous viendrez vous y reposer vous-même , chère Eugénie; vous me fermerez les yeux, et alors votre vieille mère sera consolée sur son lit de douleurs, en rendant le dernier soupir entre les bras de celle qui a été la consolation et l'appui de sa vie. »

La promulgation solennelle des Décrets parut le 8 septembre. La mère générale les présenta à ses filles comme un nouveau moyen qui leur était donné de se perfectionner, dussent-elles en souffrir : «Voici, écrivait-elle dans sa généreuse ardeur, voici le temps favorable et les jours de salut. La voix de la tourterelle s'est fait entendre sur notre terre et le temps de tailler la vigne est arrivé. En effet, mes chères mères et bien-aimées filles, on taillera la vigne qui porte déjà des fruits, afin qu'elle en donne davantage. Et n'est-ce pas ainsi que le sacré Cœur de Jésus en agit avec nous, en nous demandant des sacrifices, des séparations? Il veut déirager nos cœurs de toute attache humaine, car celui qui, faisant acception de personne, ne voit pas Jésus seul, que

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