SES SAGES CONCESSIONS
qui fume encore ^ » — « Si Dieu veut me justifier, je lui en laisse le soin, répondait M"''' Barat aux reproches de ses trop ardentes amies. Je vois bien qu'il veut que je ne m'appuie que sur Lui seul; ainsi je n'ai qu'à me taire et à prier pour toutes ^ »
Le jour même de cette lettre, 19 novembre, parut la Circulaire annonçant que « sur la requête de plusieurs des mères, afin de réunir les esprits divisés, les Décrets seraient soumis à l'épreuve pendant trois ans. En conséquence, chaque maison devait en embrasser tout de suite la pratique, avec une entière et franche simplicité, caractère des âmes vraiment religieuses. — « Si au bout de ce temps, disait la supérieure, on trouve que certains arrêtés ont un effet nuisible, comme je ne veux certainement que la prospérité de notre chère Société, je ne refuserai pas, mes bonnes mères, de convoquer une nouvelle Congrégation générale, pour remédier à des inconvénients constatés par l'expérience ^ »
Cette lettre circulaire trouva M™° de Gramont tout entière aux soins de la dernière maladie de M^'' de Quélen. Il mourut saintement au petit hôtel Biron, le 31 décembre 1839, en prononçant cette belle et célèbre parole : « Je vais être jugé par Celui que j'ai beaucoup aimé. » Ni les derniers différends suscités par l'archevêque, ni les sollicitudes que depuis huit années lui donnait sa résidence à l'hôtel Biron, ne purent altérer la profonde vénération de M"'"' Barat pour son premier pasteur. Elle l'avait admiré constamment pendant sa vie, elle l'avait appuyé et utilement servi à la cour de
1 Relation, p. 54.
2 A M»' Prévost, 19 nov. 1839.
3 Recueil des circulaires , !. 1, p. 173.