‹ Histoire de Madame BaratChapitre 98 sur 311 · ELLE PRESSE L'ESSAI DES DÉCRETS · texte numérisé non relu

ELLE PRESSE L'ESSAI DES DÉCRETS

qui partait pour l'Amérique, avait, à son passage, tenté cette entreprise avec plus de zèle que de succès : la conciliation n'était guère de son rôle. M""" Barat en chargea ensuite la mère de Charbonnel : cette douce mère lui paraissait devoir être la colombe qui lui rapporterait l'olivier de la paix. Et dans quelle simplicité et quelle pauvreté elle arrivait à Paris! « Occupezvous, écrivait la supérieure générale à M""^ de Bouchaud, de substituer à son trousseau tout ce qui lui manquerait, surtout en vêtements d'hiver, car n'ayant rien voulu demander pour se vêtir, elle m'a avoué qu'elle avait souvent souffert du froid'. » ^me Prévost vint aussi à Paris, dans le même but; mais celle de qui seule on attendait l'accord était la mère Barat. Dans cet espoir, le Père Varin pressait son retour en France : « Où en est cette chère Société du Sacré-Cœur? lui écrivait-il. C'est ce que je n'ose plus me demander à moi-même, n'ayant pas la force de répondre. Où en est-elle parmi nous, cette paix si précieuse qui a coûté si cher à notre divin Maître, qu'il nous a donnée la veille de sa mort, et dont il est venu, aussitôt ressuscité, nous mettre en possession : Paxvobis/ Quant à moi, il ne me reste plus qu'une seule chose à faire : adorer, me soumettre et priera » Ainsi sollicitée par ses anciens amis, encouragée d'ailleurs par le Pape lui-même, M'"^ Barat se mit en roule pour retourner en France, au commencement d'août 1840:

Elle passa par Lorette, où elle venait de commencer

« Rome, 23 sepl. et o oct. 1839.

2 Paris, 20 avril laW.

une petite fondation. Précédemment, dans un de ses pèlerinages, elle avait été émue de la misère, de Tignorance et de la grossièreté des troupes de petites filles qui suivaient sa voiture, avec toutes sortes de clameurs; et elle avait promis à Marie de prendre soin de ces pauvres enfants. La municipalité lui concéda, dans ce but, un hospice abandonné, situé au-dessus de la ville, sur le Monte lîeale, mamelon isolé entre l'Adriatique et un large cadre de collines et de bourgades devenues depuis célèbres par les héroïques combats des derniers défenseurs de la cause du Pape et de sa liberté. La supérieure avait dit: « Celte fondation, assise auprès de la maison de Jésus et de Marie, sera la sauvegarde de la Société que je mettrai sous leur céleste protection ^ » Surtout depuis que l'orage secouait l'Institut, M"'* Barat avait hâte de recourir à cette assistance de la Reine du ciel. Elle avait donc envoyé à Lorette trois religieuses, qu'elle se promettait d'aller visiter bientôt : « Il me tarde de me trouver dans ce divin sanctuaire, et, là, de vous donner toutes au Cœur de Marie. Une fois la Société sous son manteau de rnèro, je serai i>lus tranquille sur son avenir -. »

Cependant, au mois d'aoïit rien n'étant achevé encore, M"'" Barat dut se loger, à son arrivée, chez la marquise Solari, bienfaitrice de la fondation, qui crut l'enchaîner chez elle en l'entourant de toutes sortes de délicatesses. C'était bien, au contraire, le meilleui- moyen de la mettre en fuite. « Oue de soins de toutes parts! prie- Dieu, coussins, voilure, s'écriait l'humble mère. Ah!

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