Voy. les preuves à l’appendice
ORIGINE DE LA LIAISON
billets, du propriétaire pour sou terme, du restaurateur pour le souper. La Bourbonnoise trouve moyen de soutirer toutes ces sommes à ses adorateurs, après quoi on simule une querelle : un duel s’ensuit, entre Betappe et ses compères, la garde arrive, les galants s’esquivent pour ne pas être arrêtés. Enfin tous en chœur entonnent la Bourbonnoise.
Ici, madame du Barry n’est pas représentée en virago comme dans la Bourbonnoise à la guinguette. Cependant, si la satire est plus fine elle n’en est pas moins mordante. La période critique de sa vie est mise à nu avec exagération sans doute, mais avec un fond de vérité. La pièce devait porter coup. Aussi dès le 20 septembre les précautions sont prises pour se mettre en règle avec la censure, Le manuscrit est soumis au sieur Marin L II est lu et approuvé par le censeur, et le 3 novembre M. de Sartine donne le permis d’imprimer. C’est ce qui résulte du Journal de la librairie et de l’intitulé de la pièce. Le visa et la signature de M. de Sartine sont relatés au verso de la page J.
Rien n’était plus concluant ; le lieutenant de police ne pouvait avoir autorisé cette pièce qu’autant qu’elle aurait l’approbation du ministre, aussi personne ne s’y est trompé. Tous ont dit que M. de Choiseul avait fait chansonner et jouer son ennemie publiquement et on trouve en effet des pièces, des chansons sans nombre, des satires entières, des caricatures revêtues de l’autorisation ministérielle, et par conséquent im-