Architecture française, ubi supra
3. Dans les nombreux plans des Petits Appartements, on trouve désignée sous la lettre W uns ancienne chambre à coucher
Laissant de côté ces traditions plus ou moins contestables, nous consulterons un document moins littéraire mais plus positif. Ce sont les registres DES MAGASINS DU ROY AU CHATEAU DE VERSAILLES, source encore inexplorée. Les dépenses, les mouvements des matériaux, plombs, fers, glaces y sont inscrits avec beaucoup d’ordre; l’indication des jours, mois et années, des entrées et sorties en font de véritables éphémérides. On y trouverait plus d’un de ces renseignements historiques dont notre époque est si avide. Le nom de madame du Barry s’y présente fréquemment. On le voit apparaître pour la première fois en janvier 1769, en ces termes « Cinq corbeaux de fer pour soutenir les planchers chez madame la comtesse du Barry. » En juillet « armoire pour chez madame du Barry au petit appartement » (sic). Août « manteau de cheminée chez madame du Barry » Même mention en septembre « manteau de cheminée pour l’appartement de madame du Barry au petit appariement. »
« Idem chambre à coucher de madame du Barry. »
A côté, il faut placer des indications qui marchent parallèlement avec les travaux concernant madame du Barry. Les fdles de Louis XV demeuraient auprès de leur père. Leur appartement était de plain-pied avec celui du roi, dans l’aile nord du château ; de l’autre côté de la cour de marbre dans l’aile du midi, était l’ancien appartement du Dauphin et de la Dauphine, resté vacant depuis la mort de ses maîtres. Le plan consista à donner à Mesdames les pièces jadis occupées par leur père et leur mère, tandis que les
de madame de Pompadour (sic). Il serait possible que ce fût cette chambre qui eût d’abord été donnée à madame du Barry.
158 installation de madame du barry.
pièces qu’elles occupaient elles-mêmes furent disposées pour madame du Barry. Ce changement, a-ton dit, mécontenta et fît murmurer Mesdames \, mais il faut considérer que l’appartement du Dauphin et celui de la Dauphine étaient, suivant le témoignage de Blondel, « décorés avec beaucoup de goût et de magnificence et pourvus de toutes les commodités nécessaires à la résidence d'un grand Prince et d’une grande Princesse2. » Il y avait d’ailleurs une sorte de convenance de la part de Louis XY à éloigner ses filles du voisinage de sa favorite. Mieux eût valu sans doute leur épargner complètement ce contact : mais la faute une fois commise, pouvait l’être avec plus ou moins d’aggravations ou de ménagements.
Ces détails préliminaires étant connus, on comprendra mieux les passages que nous allons emprunter aux Registres des magazins . Ainsi on trouve au mois de février 1769 « nouvel appartement de mesdames Louise ci-devant occupé par feue la Dauphine » puis un peu plus loin, « cabinet commun de madame Sophie et Louise, « garde-robe de madame Victoire à présent de madame Adélaïde par le nouveau changement. »
Avril, « ancien appartement de madame Adélaïde à côté des Bains, (sous-entendu restauré.)
10 mai, «. cheminée chez le roi, ci-devant madame Adélaïde. »
Novembre, « nouvel appartement du roi, ci-devant madame Adélaïde, (note de Soulié, c’est celui de madame du Barry) s.