Les, c’est-à-dire les Grâces, etc
et la montrât versant l’ivresse de la volupté au banquet des dieux séant à Versailles.
Il ne faudrait pas conclure de ce que nous venons de dire que J. Vaubernier réunit^chez elle, un bureau d’esprit. Ce n’eût pas été un moyen de plaire à Louis XV, il n’aimait pas les gens de lettres et les tenait à distance \ Nous voulons seulement constater qu’à cette époque (fin de 1768 ou commencement de 1769), madame du Barry s’exerçait déjà au rôle de Mécène féminin à l’instar de madame de Pompadour.
Vers le même temps on faisait circuler des lettres qu’on lui attribuait. Un journal anglais publiait à la date du 9 janvier 1769, le fragment d’une prétendue lettre adressée par la comtesse de Barré (suivant la prononciation anglaise), ci son frère, au moment où il embrasse la carrière des armes. Cette pièce intéressante est indiquée comme traduite du français. The gentleman’s MAGAZINE and historical chroniele for the year 1769, by Silvanus Urban London. January, vol. XXX, p. 8. — Part of a letter from the countess of Barré to her brother, on his embracing a military Life translated from the french.
Cette lettre n’est pas apocryphe : elle existe bien, mais le journal anglais s’est trompé sur la date et l’auteur de la pièce, la prétendue comtesse de Barré n’avait pas de frère.
Nous avons déjà vu que les fils d’Antoine du Barry étaient au nombre de trois, Jean, Guillaume et Nicolas dit Elie. Ils avaient en outre deux sœurs, Claire-Françoise et Marthe. Claire-Françoise était, dit-on, une
1. V. la curieuse conversation rapportée par madame du Hausset. — Mémoires , p. 138.
fille d’esprit, elle avait même fait ses preuves de talents littéraires en publiant une lettre qui avait eu l’honneur d’être insérée au Mercure l. Nicolas dit Élie, né en 1742, entré à l’École militaire en 1754, en sortait en 1758, âgé de seize ans. C’est à lui que Claire-Françoise adressait la lettre publiée par le Mercure en septembre 1758 2. Ce journal était alors dirigé par Marmontel, qui fit précéder l’article de la note suivante :
« Je me hâte de publier cette lettre comme une haute leçon de vertu et comme un rare morceau d’éloquence. »
La lettre méritait en effet cet éloge par l’élévation des sentiments et la correction du style qu’on y remarque. Le nom d’un juge aussi compétent que Marmontel, l’auteur d’ouvrages techniques sur le langage, de discours sur l’éloquence, etc., etc..., donne une double valeur à ces louanges qui n’avaient rien d’exagéré. On en jugera par la reproduction de ce morceau qu’on trouvera à l’appendice.
Nous ne relèverons ici que cette phrase qui semble indiquer des aspirations poétiques :
« Tandis que, confinée dans un château, je partagerai ma vie entre les soins de mon sexe et des amusemens littéraires, vous cueillerez des lauriers et votre sœur disputera aux Jeux floraux leur couronne... Et si vous devenez