‹ Histoire de madame du BarryChapitre 115 sur 304 · Anecdotes , p · texte numérisé non relu

Anecdotes , p

2. Pour qu’il ne puisse subsister aucun doute, nous allons citer intégralement le titre donné par le Mercure & la lettre (p. 64 du numéro de septembre 1758). — Lettre de mademoiselle du Barry à son frère, élève de l’École militaire.

La lettre est signée : C. Barry de Cérès.

jamais un grand guerrier, vous lui apprendrez à vous chanter et vous aurez de sa part un poëme... »

Recherches faites dans les archives de l’Académie des jeux floraux à Toulouse, il ne s’est rien trouvé au nom de mademoiselle du Barry, soit parmi les pièces couronnées, soit parmi celles admises au concours l.

Jeanne Vaubernier n’a jamais pensé à se faire imprimer ; sa belle-sœur seule avait la prétention d’être une femme auteur. De là vint la méprise plus ou moins volontaire du Gentleman’s Magazine. Écrire pour le public n’aurait pas été du goût de Louis XY. Madame de Pompadour était artiste, mais non écrivain, elle aimait à manier le burin pour immortaliser sur la pierre la gloire du roi, à chanter et à jouer la comédie pour l’amusement des petits cabinets, c’était tout. Il n’aurait pas fallu que son auditoire s’étendit au delà. A plus forte raison devait-il en être ainsi pour madame du Barry, dont la faveur était loin d être assise aussi solidement que celle de la marquise et qui s’étudiait encore à l’imiter servilement.

Pendant les derniers mois de 1768 ou les premiers de 1769, madame du Barry a vécu, soit dans l’hôtel de la rue de l’Orangerie, soit au château de Versailles dans quelque appartement provisoire. Elle était encore à l’état de maîtresse non avouée. Elle recevait cependant déjà chez elle des grands seigneurs, des littérateurs.

Elle était à peine installée à Versailles. Cependant elle n avait pas perdu de temps pour songer à sa

1. Lettre du secrétaire perpétuel de l'Académie de Toulouse, du 17 février 1877.

mère. Elle l’avait fait entrer dans le couvent des religieuses de Sainte-Elisabeth, rue et vis à vis des murs du Temple , à Paris.

Ce monastère, appartenant au tiers ordre de Saint- François, avait été fondé par la reine Marie de Médicis, qui en avait posé la première pierre, le 14 avril 1628.

Il semble que cette maison eût conservé quelque chose de sa royale origine. Louis XY en avait fait une succursale de ses anciennes amours. On y trouvait réunies : une demoiselle Tiercelin, une dame de Romance, marquise de Chavagnac et enfin madame de Monrave. Chose remarquable, elle y est établie dès les premiers mois de 1769, ainsi qu’il résulte du Registre des receptes et dépenses du couvent :

« Reçu de madame de Monrave, pour trois mois du loyer de son appartement échu le 20 mai dernier..., 168 livres. »

Elle y logeait donc dès le mois de janvier.

L’auteur des Anecdotes a connu le fait, il en parle à la page 320 de son livre, mais sans donner de preuves à l’appui de ce qu’il avance et sans précision. « Dans les commencemens, dit-il, les du Barri avoient cherché à expulser, de Paris, la mère de la favorite. » Celle-ci n’aurait eu que plus de mérite à maintenir Anne Bécu auprès d’elle, et ce, dès les premiers moments de son séjour à Versailles, alors que sa propre existence à la cour n’était pas assurée d’un lendemain. On voit en effet que l’entrée d’Anne Bécu au couvent de Sainte-Elisabeth, coïncide avec l’installation de sa fille à Versailles. Pidansat de Mayrobert en recule au contraire beaucoup la date. Quoiqu’il ne pose jamais de chiffre, il ne parle de la dame de

Montrabe que dans la seconde partie de son ouvrage, après le premier sermon de l’abbé de Beauvais, par conséquent en 1773. Nous restituons aux faits leur date exacte, 1769, — faisant le pendant et la suite d’une autre date analogue, — l’habillement de Gomard et de Rançon1. Nous avons donc substitué aux simples allégations de Pidansat, les preuves et la précision qui leur manquaient.

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