Meubles faits de neuf pendant l’année
« Madame du Barry :
« Une chaise Prie-Dieu, couverte de velours cramoisy, clouée de clous dorés avec galon d’or faux, pour servir à madame du Barry.
« Etat des meubles qui sont au château de Versailles. O’ 3116. Volume I, page 623. Arch. gén.
Madame la marquise de Pompadour, 1754 :
« Une chaise Prie-Dieu, couverte de velours ciselé cramoisy, pour servir à madame la marquise de Pompadour, à la Chapelle, en sa tribune.
Vol. I, p. 621.
On lit plus loin un article qui se rapporte au précédent :
« Un dossier bombé de velours de Gênes cramoisy, de deux pieds et demi de haut, pour servir à madame la marquise de Pompadour, dans sa tribune, à la Chapelle.
2. Les filles de Louis XV avaient été élevées au couvent * : elles étaient d’une dévotion étroite, atrabilaire. L’une d’elles se fit religieuse. On comprend combien la présence d’une maîtresse auprès du roi leur père devait les froisser et les aigrir.
* On lit dans Barbier: «Le cardinal a imaginé... d'envoyer cinq de nos filles de France à l’abbaye de Fontevrault. L’abbesse madame de Fontevranlt sera surintendante de l’éducation des princesses (Barbier, avril 1 7o38.), au lieu de les mettre à Saint-Cyr si près de Versailles, de leur père et de la cour. »
en silence; puis elle paraît à celui du Dauphin qui s’indigne et prend en secret la note que nous savons.
La position d’une maîtresse du roi, déclarée et présentée, équivalait à une sorte de fonction officielle. Elle devenait en quelque sorte une reine de la main gauche. C’était une union morganatique qui créait des droits et des devoirs, des privilèges et des charges1.
La maîtresse en titre du roi, ne pouvait plus être séparée de sa personne. C’était là un avantage considérable apprécié surtout à la cour dans ce monde d’intrigues, de perfidies et d’ horreurs2 . Le favori ou la favorite était sans cesse exposé à des manœuvres souterraines : il leur fallait veiller jour et nuit, sur ce qu’on appelait les entours. On voit dans les mémoires de madame du Hausset quelles étaient les continuelles appréhensions de madame de Pompadour. M. de Choiseul lui-même faisait bonne garde et entrait en fureur à la pensée qu’un mémoire aurait été remis à son insu au roi, même par le Dauphin.
La favorite avait donc un appartement au château de Versailles, elle suivait le roi à Marly, Choisy, Compiègne, Fontainebleau, et elle avait elle-même sa résidence d’été.
Elle avait droit à un traitement, espèce de liste civile que rendaient nécessaire, le séjour à la cour si onéreux par les réceptions, la toilette, le jeu, les mille servitudes de l’étiquette et de la domesticité3.
Les ministres travaillaient chez elle avec le roi et