‹ Histoire de madame du BarryChapitre 144 sur 304 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

VOYAGES DE LA COUR PENDANT L’ÉTÉ. — REPRÉSENTATIONS THEATRALES. — ALIX ET ALEXIS

(I7fi9)

Avec l’été commencent les voyages de la cour dans les résidences royales : Choisy, Compiègne, Saint- Hubert, Fontainebleau. C’est en général par Choisy que commençait cette série de pérégrinations, et c’est ce qui eut lieu en l’année 1769.

Les théâtres de la capitale avaient l’habitude de venir tour à tour donner des représentations devant le roi. Les pièces étaient choisies par le premier gentilhomme en exercice et par l’intendant des menus plaisirs. Les adversaires de madame du Barry ont supposé qu’elle avait dû exercer une certaine influence sur le choix des pièces préférées, et ils se sont empressés d’en faire une arme contre elle. « A raison de la présence de cette nouvelle divinité, disent les Anecdotes , page 144, Mesdames ne pouvaient plus se trouver au voyage de Choisy ; on put ainsi se livrer à toutes les folies qu’inspirait le goût de la maîtresse. On imagina d’exécuter des pièces très gaies et un peu polissonnes... »

VOYAGES DE LA COUR

Il y avait là une accusation très perfide, de nature à être acceptée facilement et à ne pouvoir être réfutée. Aussi a-t-elle circulé et s’est-elle perpétuée sans avoir jamais été l’objet d’une discussion ni même d’un doute 1. Comment, en effet, prouver qu’on n’avait pas joué de pièces obscènes devant la cour de 1769 à 1774, c’est-à-dire pendant le règne de madame du Barry ? Il fallait reconstituer ce répertoire dans son entier, car s’il y avait une seule lacune, on n’aurait pas manqué de dire : c’est ce jour-là que se place la représentation incriminée ! Il existe, fort heureusement contre la calomnie, des bonnes fortunes singulières qui profitent parfois à la vérité.

D’après un usage constant et fort ancien, ou publiait chaque année le journal des spectacles représentés devant Sa Majesté dans les châteaux de Ghoisy, Fontainebleau, etc.

Le volume était superbement imprimé chez Ballard, Imprimeur pour la musique de la Chambre et menus plaisirs de S. M , et puis il était relié en maroquin et déposé à la bibliothèque du roi. Il s’en est retrouvé un exemplaire à la bibliothèque de Versailles, un autre à la Bibliothèque nationale.

Les pièces nouvelles y sont reproduites in extenso , les autres ne sont indiquées que par leur titre. Nous donnerons ce tableau à notre appendice infra. Il est impossible de concevoir un ensemble d’œuvres plus correctes , plus irréprochables ! Corneille , Racine, Voltaire, Grébillon, pour la tragédie; Molière, Destouches, Sedaine, représentent la comédie; Rameau, l’opéra. Le sire Pidansat de Mayrobert reçoit encore

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