Mémoires de Lekain , p
LE DROIT DE GRACE
inflexible. Le comte et la comtesse de Loüesme se trouvèrent donc dans un péril extrême, aussitôt après leur condamnation ils avaient été séparés, mis au secret, privés des soins de leurs domestiques, ils pouvaient être exécutés le lendemain matin si, avant le lever du soleil, la grâce n’arrivait pas. C’est alors qu’une personne, qui s’était donnée les plus grands mouvements pour eux, eût la pensée de s’adresser à la comtesse de Béarn1 et par elle, à madame du Barry. Le roi était en ce moment à Saint-Hubert ou à Choisy avec la Cour. Nous avons dit que déjà il avait repoussé les instances de madame de Moyon. Madame du Barry se jeta à son tour à ses genoux et déclara qu’elle ne se relèverait pas avant que Sa Majesté ne lui eût accordé ce qu’elle demandait. Le roi la releva en s’écriant : « Madame, je suis enchanté que la première faveur pour laquelle vous me forcez, soit un acte d’humanité. »
Ce n’était pas encore la grâce puisqu’on matière de rébellion on n’en accordait pas, de piano , le roi se borna d’abord à des lettres de surséance2, elles furent apportées dans la nuit au Procureur général, il était