‹ Histoire de madame du BarryChapitre 167 sur 304 · Mémoires de Luynes, vol. IX, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Luynes, vol. IX, p

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venoit de faire, partit avec sa belle-fille de Luciennes et donna ordre que l’on vendit cette maison, qui depuis passa à madame du Barri. »

On voit ce qu’il y a de vrai et d’erroné dans ces lignes, la douleur, le départ du duc de Penthièvre, son horreur pour une maison funeste, pour lui, par un deuil si cruel, sont exacts et faciles à comprendre. Mais on sait aussi par ce qui précède qu’il n’avait pas à vendre une propriété qui ne lui appartenait que viagèrement. — Ceci nous ramène à l’examen du brevet.

« Le roi, est-il dit dans le préambule, voulant donner à la comtesse du Barry une marque de la bienveillance dont il l’honore... »

Nous savons de quel genre était cette bienveillance et ce qu’elle avait d’honorable pour l’un et pour l’autre !

« Lui a accordé et fait don du pavillon de Louveciennes, jardins et dépendances pour en jouir pendant sa vie. »

On voit qu’il ne s’agissait là que d’une jouissance purement viagère comme avait été celle de madame la comtesse de Toulouse et après elle de M. le duc de Penthièvre, qui, continue l’acte, en avait donné sa démission.

De Favrolle (madame Guénard) avait donc commis une lourde erreur en disant que M. le duc de Penthièvre avait donné l’ordre que l’on vendît cette maison qui aurait passé à madame du Barry, probablement par un contrat d'acquisition notarié ! Les règles sur l’inaliénabilité du domaine royal ne permettaient pas au roi lui-même de disposer des biens

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de la couronne par donation en toute propriété 1. Il ne pouvait en concéder tout au plus que l’usufruit : aussi le duc de Penthièvre n’agit-il pas comme un ayant droit qui aliène son titre, il donne sa démission , dit le texte du brevet, ou, en d’autres termes, il renonce au bienfait viager qu’il avait reçu.

Le brevet qualifie les bâtiments de Louveciennes de pavillon. Ce mot est expressif et donne une idée précise de ce que pouvait être cette habitation. M. le duc de Luynes nous en avait déjà dépeint l’extrême exiguïté. Pour bien s’en rendre compte, il faudrait avoir le plan déposé à la direction générale des bâtiments dont parle le brevet. Ce plan ne s’est pas retrouvé sous ce titre. Mais il en est beaucoup d’autres qui permettent d’y suppléer. A. N. carton O' 1490.

Pièces concernant la machine de Marly. — En voici l’énumération :

Plan du pavillon de la machine;

Plan du jardin du pavillon de la machine ;

Plan du logement du contrôleur ;

Plan du logement de l’inspecteur ;

Plan du puisard d’en haut;

Plan du logement du garde du réservoir;

Plan des cinq conduites qui portent l’eau de la machine depuis le grand puisard jusqu’au haut de la tour.

Ces derniers plans, non datés en chiffres, portent la trace de la possession du duc de Penthièvre, ce qui équivaut à une date de 1766 à 1768.

1. Ces règles sont trop connues pour qu’il soit nécessaire de citer tous les monuments de législation où elles sont écrites, depuis l’ordonnance de Philippe le Long, du 29 juillet 1318, jusqu'aux édits de 1667 et de janvier 1780. (V. Denisart au mot Domaine public.)

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