‹ Histoire de madame du BarryChapitre 189 sur 304 · Vol. II, p · texte numérisé non relu

Vol. II, p

310 LES LOGES DE NANTES

vet pour madame de Mirepoix, il y avait donc eu des démarches antérieures plus ou moins compliquées. Les lettres patentes du roi étaient signées dès le 23 décembre, les choses n’ont pas dû se passer comme le raconte, fort agréablement d’ailleurs Pidansat de Mayrobert ; on n’entrait pas à volonté dans la chambi c du roi surtout dans un jour solennel comme celui dû jour de l’an qui devait être absorbé par la représentation du trône, les réceptions officielles, les exigences de l’étiquette et il n’est pas moins inadmissible que madame du Barry ait choisi ce moment pour saisir le roi d’une demande administrative touchant aux revenus d’une province aussi jalouse de ses droits que la Bretagne presqu’à l’état d’insurrection permanente1.

Si elle eût demandé un bijou, une somme d’argent, on comprendrait encore, mais une requête qui supposait une instruction entière, c’eût été absurde quand il n’eût pas été reçu qu’en pareil cas Louis XY ne répondait jamais sur-le-champ, suivant en cela un conseil de Louis XIY 2.

M. Leroi a bien compris l’invraisemblance de la scène racontée par les Anecdotes et l’a rectifiée; il suppose au contraire que c’est le roi qui entre de bonne heure dans la chambre de madame du Barry et qui lui remet, en l’embrassant, le brevet signé le 23 décembre précédent. Mais sur la foi de quelle autorité, M. Leroi, a-t-il tracé ce petit tableau? Il a oublié de le dire et il n’a fait qu’inventer des détails restés sans témoins possibles; il faut s’en tenir aux lignes de

Page 1