‹ Histoire de madame du BarryChapitre 190 sur 304 · Boutaric. Prêt., p · texte numérisé non relu

Boutaric. Prêt., p

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madame du Défiant, aux termes précis dont elle se sert: la dame avait sollicité , ce qui se comprend bien mieux qu’une demande faite à l’improviste et à l’étourdie, ce service était la rémunération de l’appui que la maréchale de Mirepoix lui avait apporté en se déclarant pour elle. Aussi ne voyons-nous pas qu’il y eût un si grand mérite à s acquitter d une dette de reconnaissance, alors surtout que la concession faite à madame de Mirepoix n empêchait pas la fa\ otite de recevoir d’autres grâces personnelles pour ses étrennes; il en eût été différemment si en sollicitant pour madame de Mirepoix, madame du Barry avait renoncé à rien recevoir pour elle-même, ces loges ou boutiques de Nantes étaient des baraques et appentis établis sur la contrescarpe de cette ville1, elles étaient affermées et produisaient ainsi un certain revenu qui appartenait au roi, sans doute, comme représentant du domaine de l’État, mais qui cependant faisaient partie du revenu de la province. Il paraît qu il était d’usage de donner ce produit à titre de gratification aux grandes dames de la cour. Nous voyons par les Mémoires du duc de Luynes, qu’en 1738 le roi avait accordé les baraques ou boutiques de Nantes à madame la maréchale d’Estrées2, elles valaient alors 13 ou 16,000 livres de rente, en 1769 elles avaient été attribuées à madame la duchesse de Brancas de Lau-

1. Le brevet comprenait : « les domaines, maisons, boutiques, baraques, celliers, appentis, jardins et terres vagues. »

2. Le roi vient d’accorder à madame la maréchale d’Estrées les baraques ou boutiques de Nantes ; elles ont été faites ou considérablement augmentées du temps de M. le maréchal d’Estrées et valent 15 ou 16,000 livres de rente, elles faisaient partie du revenu de cc gouvernement. 12 janvier 1738. Vol. II, p. 11.

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raguais, elles passèrent à madame du Barry 1 à la condition de verser 30,000 livres qu’elle remboursa aux héritiers de feue madame de Brancas suivant quittance reçue par M. Clos, notaire à Paris, le 22 mars 1770. Comment madame la maréchale de Mirepoix aurait-elle pu satisfaire à cette obligation, elle qui n’avait jamais d’argent comptant et ne pouvait payer ses contributions exactement ni sa capitation 2.

Au reste, une pièce décisive coupe court à toute discussion, c’est la de mande demadame de Mirepoix, adressée au roi en janvier 1770 et la décision qui met un terme à ses perpétuelles sollicitations.

Mars 1770.

« Madame la maréchale de Mirepoix n’a pour toute for¬

tune que.

Une pension de . 12,000 livres

Une autre de . 8,000 »

Une gratification annuelle de. .. . 12,000 »

Une ordonnance comme dame du

palais de . 6,000 »

Et pour tout patrimoine une rente sur la Lorraine de . 24,000 »

62,000 livres

« Cependant sa dépense annuelle monte indispensablement à 80,000 livres, d’où il résulte un déficit de 18,000 livres qui depuis longtemps occasionne un désordre con-

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