V. Pièces
LES LOGES DE NANTES
madame du Barry fut définitivement celui qui était occupé par madame Adélaïde et sa dame d’honneur, la duchesse de Beauvilliers. Pour savoir quel était cet appartement, il faudrait pouvoir se reporter au plan de Blondel dans son Arch. fr., mais cet ouvrage a été publié en 1757, et il ne comprend que les rez-de-chaussée et le premier du château; madame Adélaïde demeurait en 1757 dans l’aile du nord à côté des petits cabinets du roi, en 1770 elle devait habiter au second dans les attiques.
Les travaux durèrent longtemps, plus d’une année. Les pièces occupées par madame du Barry étaient placées dans l’aile nord, au-dessus de la chambre du roi ; elles régnaient depuis l’extrémité de l’aile jusqu’à l’horloge du château, où se trouvait le logement de mademoiselle Ghon du Barry. Nous verrons d'autres accessoires se grouper autour : tels que bains, cuisines, réchauffoirs, écuries.
Le règlement des mémoires produits pour les meubles du château de Versailles, nous apprend qu’ils furent évalués par l’architecte Ledoux, à la somme totale de 145,592 livres.
Nous avons laissé madame du Barry en paix avec le duc de Ghoiseul ; cette trêve paraît continuer pendant les premiers mois de 1770, si l’on en juge par le journal de Hardy combiné avec la correspondance de madame du Défiant et d’Horace Walpole. Voici d’abord quel était d’après Hardy l’état de l’opinion le samedi 10 mars 1770: « on disoit que l’abbé Terray, contrôleur général étoit fort intrigué d’une conversation de trois heures que le duc de Ghoiseul avoit eue avec le roi et la comtesse du Barry et dont il n’avoit pu pénétrer l’objet ni le résultat... »
LES LOGES DE NANTES
D’après ce bruit il y aurait eu un certain rapprochement entre le duc de Choiseul et la favorite puisqu’ils prenaient part ensemble à une longue conférence confidentielle, d’autre part, madame du Deffant écrit dans une lettre du 3 mars 1770:
« La du Barry n’est rien par elle-même : c’est un bâton dont on peut faire son soutien ou son arme offensive ou défensive. Il n’a tenu qu’au grand-papa d'en faire ce qu’il aurait voulu: je ne puis croire que sa conduite ait été bonne et que sa fierté ait été bien entendue. Je crois que mesdames de Gramont et de Beauvau l’ont mal conseillé. 11 a aujourd’hui une nouvelle amie, qui n’est pas d’accord avec ces dames, mais qui lie diminue pas l’ascendant qu’elles ont pris. C’est madame de Brionne... je crois qu’elle lui coùLe beaucoup d’argent1.
Et plus loin dans la même lettre 2 :
« J’ajoute que le roi est toujours fort épris de sa dame mais sans lui marquer beaucoup de considération, il la traite assez comme une fille, enfin elle ne sera bonne ou mauvaise que suivant celui qui la gouvernera ; son propre caractère n’influera en rien. Elle pourra servir les passions des autres ; mais jamais avec la chaleur et la suite que l’on a quand on les partage ; elle répétéra sa leçon,