‹ Histoire de madame du BarryChapitre 193 sur 304 · V. II, p · texte numérisé non relu

V. II, p

2. « La comtesse de Brionne, née Rohan-Rochefort. Son mari était de la famille de Lorraine et ainsi alliée à la maison impériale d’Autriche. Elle était alors veuve, encore très belle, spirituelle et ambitieuse pour ses enfants auxquels elle voulait faire reconnaître un rang intermédiaire, comme princes étrangers entre les princes du sang et la noblesse. Tout à fait du parti du duc de Choiseul, elle passait même pour sa maîtresse. On voit cependant par la correspondance de madame du Deffant que l’aimable et indulgente duchesse de Choiseul, lui faisait bonne réception à Chanteloup où elle était des hôtes ha-

LES LOGES DE NANTES

mais dans les circonstances où elle n’aura pas été soufflée son génie n’y suppléera pas L »

Voilà donc qui est bien entendu sur la parfaite nullité de madame du Barry; sur la possibilité qu’a eue M. de Choiseul de vivre en bonne intelligence avec elle, sur son hostilité persévérante et la fierté de ses répugnances. Le roi la traite assez comme une fille et il aurait le droit de faire comme le roi. Si cet austère professeur de morale ne traitait de même madame de Brionne qu’il paye chèrement et s’il n’était asservi aux mauvais conseils de mesdames de Beauvau et de Gramont dont le rôle suspect se dessine ici avec assez d’évidence.

Le 7 mars suivant, dans une autre lettre à Walpole, elle revient sur le même sujet avec une nuance différente :

« Tout me fait peur... je ferai parler le grand-papa, si je le vois. Je ne tiens pas ce grand-papa, malgré toute la gloire qu’il s’est acquise, aussi affermi que je le voudrois; la du Barry le hait plus que jamais et on ne cesse de le harceler pour lui nuire2. »

La neutralité impassible de madame du Barry est devenue ici de la haine, provoquée par les efforts de ceux qui mettent M. de Choiseul en mouvement, mais quelle sorte de haine?

Une scène curieuse racontée dans la même lettre va nous en instruire:

bituels; elle mourut à Vienne en 1807. « — Note tirée de l’ouvrage de MM. d’Arneth et Geffroy. Marie-Thérèse et Mercy, vol. Ier, p. 140.

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