L'ambassadeur d’un roi m'est toujours redoutable
Ce n’est qu’un ennemi sous un litre honorable,
On pourrait même dire un espio?i.
dames, les filles du roi, qui ont toujours été les premières à les mettre en train. Il disait donc que la Dauphine est accusée à tort de heurter de front la favorite et il complétera plus tard cette révélation, en ajoutant que :
« Mesdames tout en excitant madame la Dauphine contre madame du Barry ne négligent pas d’avoir sous mainjde petits ménagements, pour cette dernière en sorte que la Dauphine est toujours mise à la brèche et sert d'instrument pour manifester une haine qu’on n’ose faire paraître soi-même. »
Au nombre des causes, qui peuvent expliquer l’antipathie manifestée par la Dauphine contre la favorite, il ne faut pas oublier l’ascendant du duc de Choiseul et l’influence absorbante de son parti. — Marie-Thérèse avait recommandé à sa fille de ne jamais oublier que c’était M. de Choiseul qui avait fait son mariage, elle ne fut que trop fidèle à cette consigne.
Enfin un dernier fait est attesté par la correspondance de Mercy et montre jusqu’à quel point allait l’influence de Mesdames. Il a insisté vainement , d’après les instructions de Marie-Thérèse, pour que la Dauphine adresse une seule fois la parole à madame du Barry, il lui montre quels seraient les avantages de cette démarche et sans disconvenir de la vérité de ces observations, elle répond ingénument « que la crainte de déplaire à Mesdames, ses tantes, la retiendroit toujours de dire un mot à la favorite, mais qu’elle parleroit aux autres personnes de son parti. »
Aussi madame du Barry ne s’y trompait pas, elle était également bien informée sans doute, par d’autres
émissaires et lorsque Mercy eut noué des relations avec elle, qu’il fût parvenu à obtenir ses confidences, il vint un jour où elle le fit venir chez elle et lui parla « de son extrême désir que madame la Dauphine ne la regardât pas d’un œil d’aversion, que sachant que les rigueurs de S. A. R., ne provenoient pas de son propre mouvement et netoient que l’effet de l’impulsion de Mesdames, ses tantes, elle avait cru devoir s’en expliquer vis-à-vis du roi, en le priant de consentir qu’elle ne parût jamais en présence de Mesdames, soit à Versailles, soit dans les petits voyages auxquels ces princesses seroient admises... » (Lettre de Mercy à Marie-Thérèse, du 15 octobre 1771.)
M. le comte de Mercy était un serviteur dévoué de Marie- Antoinette. Son témoignage ne saurait être suspect, il nous donne la note vraie sur le ton de madame du Barry envers la Dauphine, elle accepte ses rigueurs en suppliante, sachant ou prétextant qu’elles proviennent de Mesdames ; son extrême désir est de ne point être regardée par elle d’un œil d’aversion. — Naguère elle avait tenté de faire sa cour c’est-à-dire de rendre ses devoirs d’étiquette à la Dauphine: maintenant elle offre de ne jamais paraître en présence de Mesdames, soit à Versailles, soit dans les petits voyages ! Voilà son attitude : ce n’est pas à coup sûr celle d’une femme qui brave et qui lutte, c’est celle de la soumission qui s’efface, de la prière qui demande grâce; ce fait n’est pas nouveau, il est attesté par M. de Vaublanc qui, dans ses Mémoires , peint les .avances de madame du Barry à la Dauphine qui les accueille avec un froid dédain h