‹ Histoire de madame du BarryChapitre 204 sur 304 · P. 7, édition Barrière · texte numérisé non relu

P. 7, édition Barrière

Dans une autre lettre, Mercy raconte les éloges que madame du Barry fait de l’archiduchesse, elle parle de sa figure et de ses grâces naturelles (24 juillet 1771); et il y a un autre témoignage à l’appui, ce sont les comptes de madame du Barry : on la voit acheter plusieurs fois à la manufacture de porcelaine de Sèvres, le buste de madame la Dauphine, bien plus elle possède le portrait de Marie-Antoinette, peint par Drouais. Ce qui n’aurait pas eu lieu certes s’il y avait eu jalousie de femme, haine de la courtisane révoltée contre sa souveraine. L’attitude de madame du Barry est celle d’une obséquiosité plate et inconsciente, presque de l’importunité bien plutôt que de l’impudence, elle avait pour exemple et pour précédent la conduite de madame de Pompadour envers la reine l.

Madame de Pompadour avait subi l'ascendant de l’étiquette. Madame du Barry était encore bien moins de taille à entrer en rébellion ouverte avec une altesse royale. Elle eût mieux fait de ne pas s’exposer aux scandales d’une situation aussi fausse en face de la petite-fille du roi, mais cette faute commise, elle n’a pas tenté de la soutenir à force d’impudeur : elle a cherché à se la faire pardonner par sa soumission, nous dirons même, si l’on veut, par sa platitude. De ces faits bien établis il faut tifer plusieurs conséquences. La raison indique que madame du Barry n’a pu se permettre aucune offense envers la Dauphine, sans quoi elle aurait été contre son but qui était de désarmer l’aversion qu’elle gémissait d’avoir encourue ; et les lettres de Mercy prouvent que cette

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