‹ Histoire de madame du BarryChapitre 205 sur 304 · Y. Mémoires du duc de Luynes, vol. VI et VIT · texte numérisé non relu

Y. Mémoires du duc de Luynes, vol. VI et VIT

induction est juste. Si, en effet, madame du Barry s’était permis non pas seulement une injure, mais la plus légère irrévérence envers l'archiduchesse, celle-ci n’aurait pas manqué de se plaindre à sa mère, de dire : — Vous me reprochez de ne pas parler à cette femme et voici ce qu’elle m’a fait, ce qu’elle a dit de moi! et Mercy de son côté aurait tenu le même langage. Ils ne disent rien de semblable. Ils ne formulent pas l’ombre d’un grief, pas le moindre prétexte de plainte. Il faut donc que madame du Barry ait été d’une irréprochabilité absolue dans ses rapports avec la Dauphine, sans quoi elle aurait été dénoncée, accablée.

Par suite du même raisonnement, elle ne pouvait livrer aucune attaque ouverte à M. de Ghoiseul, car il était couvert par la protection de la Dauphine, c’eût été un étrange moyen de se concilier les bonnes grâces de celle-ci que de combattre ou même d’offenser le ministre, auteur de l’alliance autrichienne. Partant Y histoire des oranges (saute Ghoiseul, saute Praslin1), celle du cuisinier (j’ai renvoyé mon Ghoiseul quand renvoyez vous le votre 2), ou du chien appelé Choiseul3 ; tous ces menus propos, nous paraissent impossibles après le mariage du Dauphin, et auparavant il n’était pas question de la chute de M. de Ghoiseul ; nous avons vu qu’au rapport de madame du Deffant, il

1. Voici le texte exact de cette historiette que les Anecdotes ont abrégée de manière à lui donner un air de vérité. « On dit qu’il lui est arrivé plusieurs fois en jouant avec le Roy de faire sauter l’une après l’autre ti'ois oranges, en disant: saute Ghoiseul, saute Praslin, vive Maupeou. » ( Recueil manuscrit cle pièces chroniques .)

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