Vie de M. de Conty
était tranquille possesseur de ses trois départements. Voici au surplus une lettre de madame du Barry au duc, qui est de juin 1770 et qui ne prouve pas qu’il y eût entre eux de mésintelligence.
Je prends, M. le duc, tout l’intérêt possible à M. d’Arcambal. Vous scaves mieux que personne combien il est bon serviteur du Roy et je désire que ma recommandation puisse ajouter à un titre qui vous est si pretieux, je verrai avec une satisfaction extrême tout ce que vous pourres lui procurer davantageux. Je suis, Monsieur le duc, avec une extrême considération, votre humble et obéissante servante.
« Versailles, le 5 juin 1770.
« La comtesse du barry.»
Tels sont les rapports réels qui ont existé entre la Dauphine et la favorite. D’un côté dignité inébranlable, sans complaisance d’aucune sorte pour le roi, sans concession aux instances de Marie-Thérèse, de l’autre côté soumission absolue sans aucune de ces injures qui eussent été relevées comme des crimes de lèse-majesté. Madame du Barry aurait mieux fait de s’effacer, mieux encore de s’éloigner de la cour. Si elle n’en a pas eu le courage, elle n’a pas eu le tort d’entrer en lutte avec sa souveraine, ce n’est pas à dire que la guerre n’ait pas existé entre les camps adverses qui se groupaient autour des deux coteries en présence : les Ghoiseuls et les Barriens h Nous admettons très bien que, madame la duchesse Picquigny, plus tard de Chaulnes, dont l’esprit piquant est connu, ait