V. ci-dessus, p
3. L’ Almanach Royal écrit tantôt Dumouceaux et tantôt Dumouceaux. La véritable orthographe, d’après le procès-verbal notarié du 23 juillet 1756, est Dumouceaux, par un u, et non par un n.
4. « Jamais M. Billard-Dumouceaux ne perdit de vue sa charmante pupille. Elle m’en a toujours parlé avec les expressions d’une reconnaissance qui les honore l’un et l’autre. » (Lettre du 10 février 1782, dans les Illustres victimes vengées , p. 98.)
l’était, Roch-Claude aussi et il était de plus gendre d’un sieur Hector Bonnet, qui exerçait les mêmes fonctions. Il paraît que ces charges n’étaient pas incompatibles avec les entreprises de fournitures pour les armées. Billard-Dumouceaux étaitdoncmunitionnaire général \ ses affaires l’appelaient naturellement à Vaucouleurs, ville de garnison. Il a pu connaître Anne Bécu, l’emmener à Paris, lorsqu’elle vint dans cette ville, la prendre à son service ou lui procurer une condition dans le cercle de ses connaissances. Une seule chose est certaine ; lorsqu’on passe en revue les personnes avec lesquelles Jeanne Bécu s’est trouvée en contact depuis son enfance, on voit qu’elles appartiennent toutes à un certain monde financier, vivant dans la même Société, habitant presque le même quartier.
Les Billard, Payeurs des rentes, rue de la Sourdière, paroisse Saint-Boch.
Les Dedelay de la Garde, fermiers généraux et payeurs des rentes , demeurant rue Sainte- Anne, même paroisse.
Les Badix (de Chevillon et de Sainte-Foy), aussi payeurs de rentes, rue Neuve-du-Luxembourg, même paroisse.
D’Arcambal, payeur des rentes, receveur des tailles — Saint-Boch.
Buffault, contrôleur des finances municipales.
Certain, payeur des rentes de l’Hôtel de Ville , rue Neuve-Saint-Eustache 2.
1* Grosley. p. 99.
2. Le grand-père de Colbert était payeur de rentes de la ville, à Reims.
Parfois ces familles s’allient entre elles ainsi Thérèse du Puit de la Garde, épouse Mathieu Radix de Chevillon, payeur des rentes , rue du Grand-Chantier, et meurt en 1762 h
I ous ces noms reviennent et en premier ordre dans 1 histoire de Jeanne Bécu ; nous les citons à 1 avance et nous les groupons ici pour que l’on puisse apercevoir, par un coup d’œil d’ensemble, le milieu dans lequel elle va graviter. C’était une élite de gens riches, libéraux, amis des artistes, des hommes de lettres, là rien qui sente la misère, le « res angusta domi. » On s explique alors un passage qui se trouve par deux fois dans les inventaires de Louveciennes et qui nous a toujours frappé « Portrait de madame du Barry, enfant. » Une cuisinière ne fait pas, et surtout ne faisait pas faire dans ce temps, le portrait de sa fille ! Il fallait en outre que la peinture de ce portrait eût un certain mérite ; sans quoi, il eût formé disparate au milieu des chefs-d’œuvre qui ornaient Louveciennes. Qu on se représente Anne Bécu au service d un opulent financier ; le maître remarque la beauté de J enfant , un artiste, ami du mécène de la maison en fait une étude ; il en laisse une copie à la mère, cette explication n’a rien que de plausible, elle deviendra plus acceptable encore, si l’on suppose Anne Bécu, chez M. Billard-Dumouceaux, « c’était, dit et répète Grosley qui l’avait connu, l’homme du commeice le plus aimable ; l’homme le plus aimable de Paris , il dessinoit parfaitement au pastel ; il emportoit une boîte de crayon dans ses voyages2. » Serait-il par