P. 100 et
hasard l’auteur de ce portrait d’enfant qui ne peut s’expliquer dans une famille pauvre que par la beauté exceptionnelle du modèle et la bonté d’un maître généreux ? Évidemment nous n’émettons ces idées que comme de simples conjectures, ce qui subsiste et doit appeler l’attention, c’est qu’il a existé et qu’il existe peut-être encore des portraits de Jeanne Bécu, enfant. On l’appelait alors l’Ange \ et ce surnom lui avait été donné avant même qu’elle quittât la Lorraine pour Paris. Nous avons constaté le fait à Bar-le-Duc, de la bouche d’une personne qui l’avait recueilli par tradition et qui nous avait été indiquée à Yaucouleurs. Était-ce à cause de sa jolie figure1 2 ? Mais, née en 1743, elle ne pouvait avoir plus de quatre ou cinq ans avant 1749, et à cet âge tant de petites filles méritent cette gracieuse flatterie, qu’elle est sans conséquence et ne saurait passer pour une attribution sérieuse. Nous aimons mieux voir là une allusion naïve ou malicieuse au père Ange Gomard , on dit bien à un enfant ou d un enfant : c est un Ange ! Mais quand on s’exprime ainsi « la petite l’Ange, » ce n’est pas un compliment qu’on veut lui faire, c’est un nom ou un surnom qu’on lui donne.
Ghampfort nous a conservé le souvenir d'une autre anecdote qui se rapporte à l’enfance de Jeanne Bécu. « L’abbé Arnaud, dit-il, avait tenu sur ses genoux une petite fille qui devint madame du Barry 3. » François Arnaud, abbé de Grand-Champ, un double de Diderot, qui plus tard entra à l’Académie française