Mémoires, 1, p
Nous en dirons autant des vers que l’on peut lire dans le Mercure de France , en l’honneur du vainqueur de Saint-Cast1; des prières composées en actions de grâce pour la bataille de Saint-Cast2 comme des nombreuses gravures qui ont représenté l’événement.
Nous n’en citerons qu’une : celle qui se trouve dans la collection Hénin, C. III, p. 12, sous ce titre : « Défaites des Anglais à l'anse de Saint-Cast , par M. le duc d’ Aiguillon, le 11 septembre 1758. (Bibl. nat.)
Ces faits supposent déjà par eux-mêmes qu’un certain laps de temps s’est écoulé avant que le fameux jeu de mots, attribué à M. de la Cbalotais, se fût produit. Mais il y a plus : le 15 janvier 1765, la Chalotais était encore du parti du roi, on peut même aller jusqu’à dire qu’il ne s’est pas prononcé en sens contraire avant son arrestation qui est du mois de novembre 1766.
Ce serait donc seulement huit ans après la bataille de Saint-Cast qu’on aurait songé à incriminer et à livrer au ridicule le rôle joué en cette circonstance par le général en chef. Pendant ces années était née la querelle du parlement de Bretagne, le refus d’enregistrer les édits bursaux, les démissions parlementaires, etc.
Tout porte à croire que c’est du sein de cette polémique ardente qu’est sorti le jeu de mots qui est devenu le texte d’une accusation infamante contre M. d’Aiguillon ; rien n’a pu détruire cette ineptie qui s’est transmise de génération en génération; nous l’avons trouvée dans la bouche des marins en 1859.