‹ Histoire de madame du BarryChapitre 233 sur 304 · Hist. de France, IV, p · texte numérisé non relu

Hist. de France, IV, p

Saiut-Mâlo, M. le duc d’Aiguillon s’y étoit introduit déguisé en redingote ; là, il avoit dicté l’arrêt de mort contre M. de la Chai otais ; l’échaffaud avoit été dressé, le bourreau étoit prêt ; mais heureusement un des commissaires du conseil qui, au lieu de signer, étoit parti quelques jours auparavant pour Paris, avoit rendu compte de ce qui se passoit à M. le duc de Choiseul, qui étoit entré chez le Roi et lui ayant trouvé l’air triste, prit la liberté de lui en demander 1a. cause. S. M. avoit répondu qu’elle se repentoit d’avoir signé l’arrêt de mort contre ce magistrat. Alors le duc de Choiseul l’avoit rassuré, en lui disant : « — Sire, il est temps encore. » Il avoit aussitôt dépêché un courrier, avec ordre de ne s’arrêter ni jour, ni nuit, et malgré les défenses faites aux postes par M. d’Aiguillon, de ne point donner de chevaux, le courrier étoit arrivé une demi-heure avant l’exécution... »

Toute cette fable repose sur la déclaration d’une femme qui, voyant entrer dans la prison de Saint- Malo une voiture de planches destinées à des réparations intérieures, s’imagina que ces planches étaient destinées à dresser un échafaud et donna lieu à ces bruits.

C’est sur cette accumulation d’inepties qu’est fondée une histoire qui fut traduite en prose et en vers.

Voilà ce qu’on écrivait au-dessous du portrait de M. de la Chalotais, placé dans la chambre de la noblesse, à Rennes:

Sa sagesse et sa fermeté Ont fait pâlir la calomnie :

Qui lui vouloit ôter la vie,

Lui donna l’immortalité1.

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