‹ Histoire de madame du BarryChapitre 235 sur 304 · Lettre du 27 juin · texte numérisé non relu

Lettre du 27 juin

La requête du duc d’Aiguillon avait été présentée dès l’année précédente et le roi n’avait pas cru devoir y répondre favorablement, parce qu’il était préoccupé avant tout du soin de rétablir la tranquillité dans la Bretagne. C’est ce qui avait fait dire par le duc à Linguet, qui rapporte ces paroles : « Je ne suis pas le maître et, dans l’impossibilité de donner aux choses la tournure qui leur conviendroit, il faut bien s’accommoder de celles qu’elles prennent1. »

M. le duc d’Aiguillon avait donc intérêt à se présenter devant la Cour des pairs et à être jugé par elle.

Ses blessures reçues en Italie, ses vingt années de campagnes, sa glorieuse victoire de Saint-Cast, parlaient assez pour lui auprès des hommes de guerre qui se trouvaient parmi les pairs. Sa conduite conciliante aux États, ses travaux, ses fatigues défendaient le gouverneur de la Bretagne, et, quant aux accusations si péniblement échafaudées par ses accusateurs, nous pouvons dire maintenant, ses calomniateurs, elles s’évanouissaient par leur inanité et leur insanité réunies. Ses mémoires avaient commencé à faire la lumière sur des menées ténébreuses dont il avait à se plaindre, ses témoins et lui-même auraient achevé sa justification. Il n’avait rien à craindre, ni pour sa tête, ni pour son honneur. Dès lors, qu’avait-il besoin de madame du Barry ? Que pouvait cette malheureuse femme si frivole dans des questions agitées depuis tant d’années et qui se précipitaient par leur propre gravité vers une solution finale.

Qu’est-ce que madame du Barry pouvait apprendre au roi dans cette affaire des troubles de Bretagne?

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