MADAME DU BARRY ET M. LE DUC D’AIGUILLON
Madame du Barry aurait-elle joué dans ces événements un rôle occulte, insaisissable? Nous n’essayerons pas de le dire : ce serait du domaine des conjectures. Ce qui n’est pas douteux, c’est qu’elle partagea l’impopularité qui s’attachait au nom de d’Aiguillon. Jamais les quolibets, les parodies, ne furent plus nombreux contre elle. Nous avons déjà reproduit les vers qui se rapportent à cette époque. Voici encore deux pièces qui sont de la même date :
LE PATER DE MISÈRES (sic).
Notre Pere qui êtes à Versailles, votre nom n’est plus glorifié, votre trône est bien ébranlé, votre volonté n’est pas plus exécutée en la terre qu’au ciel ; donnés-nous aujourd’hui notre pain quotidien que vous nous avez ôté; pardonnés à votre Parlement d’avoir les loix défendu, comme nous pardonnons à vos ministres qui veulent les anéantir; de la du Barry, ne succombés plus aux tentations, mais délivrés-nous du chancelier. Ainsi soit-il.
madame du barry et m. le DUC D’AIGUILLON. 391
Cette pièce se trouve dans les Anecdotes, page 185, dans le Recueil de M. de Paulmy, page 110, et dans le Recueil manuscrit de pièces chroniques, à la date de juillet 1770. La copie du recueil de Paulmy à l’Arsenal présente plusieurs variantes. La plus importante est celle-ci, qui semble indiquer l’origine parlementaire du morceau : Pardonnez à vos Parlements de prendre vos véritables intérêts et délivrez-nous de Meaupou.
Le manuscrit que nous possédons donne aussi la parodie de Y Ave Maria, qui n’est reproduite ni par les Anecdotes ni par le Recueil de Paulmy ni en aucun autre recueil, à notre connaissance du moins.
L’AVÉ (sic).
« Je vous salue, la du Barry, pleine de grâces, le Roi « est avec vous, vous êtes bannie d’entre toutes les femmes « et la discorde est le fruit de vos entretiens avec les « hommes. Belle du Barry, reine des amours, priés pour « nous maintenant, et nous prierons pour vous à l’heure « de votre mort'. Ainsi soit-il.
Madame du Barry avait subi des plaisanteries plus cruelles, des épigrammes plus piquantes. C’est peutêtre même pour cette raison, que cette pièce n’a pas été reproduite par les pamphlets du temps.
Peut-être est-ce à ces attaques, que madame du Deffant fait allusion dans une lettre à Walpole, commencée le 6 août (1770). — On y lit, sous la date du 23 :
« Presque tout le monde reviendra dimanche de Compiègne. Le Roi ira le mardi à Chantilly, avec madame la