‹ Histoire de madame du BarryChapitre 246 sur 304 · P. 60, vol. I · texte numérisé non relu

P. 60, vol. I

née à une femme du parti de ia comtesse du Barry et nommément à la maréchale de Mirepoix ou à la duchesse d’Aignillon... Premier danger qui nous paraît plus comminatoire que réel, mais il en est un autre, le mariage du comte de Provence venait d’être conclu avec une princesse de Savoie :

« Quand la comtesse de Provence, continue M. de Mercy, sera ici, elle y prendra le pas sur Mesdames. Ou s'occupe déjà de lui procurer le plus d’éclat possible, parce que le parti du duc de la Vauguyon et de la comtesse du Barry comptent sur la protection de cette princesse. »

Plus loin Mercy parle encore « des démarches tentées vis-à-vis de la Dauphine par la comtesse de Marsan, le duc de la Yauguyon et plusieurs autres personnes de moindre calibre. »

C’est pour la seconde fois que M. de Mercy nomme M. de la Yauguyon et qu’il le désigne comme appartenant au parti de madame du Barry, c’était alors une mauvaise note, M. de la Yauguyon étant en butte à l’animosité des Choiseul. Il y a cependant ici à faire ce que nous avons fait pour M. d’Aiguillon, à rechercher ce qu’était cet homme si détesté, si avili. C’était, d’abord et avant tout, un brave militaire qui, depuis 1735, s’était distingué comme colonel du régiment de Beauvoisis, sur vingt champs de bataille, avait contribué au gain de la bataille de Fontenoy ,par un trait de présence d’esprit remarquable; avait figuré à Rocoux, àLaufeld,et n’avait terminé sa carrière militaire qu’en 1753. Il avait été nommé ensuite gouverneur des fils du Dauphin, Il était pieux, il se trouva en hostilité avec l’école philosophique et désigné comme chef des dévots, des partisans du retour des Jésuites.

Quelle était la portée de son esprit, la nature de ses enseignements? Un livre publié en 1851 contient la réponse à cette question. Louis XVI, avait rédigé un manuscrit intitulé : Réflexions sur mes entretiens avec M. le duc de la Vauguyon, par Louis-Auguste Dauphin. Il n’avait fait que tenir la plume; le livre appartenait pour les idées à M. de la Vauguyon. Le caractère religieux dont elles sont empreintes n’excluent pas l’élévation ni la grandeur, un homme supérieur seul a pu les concevoir ; Louis XVI, dans sa simplicité, les a pratiquées et il leur doit l’espèce de beauté morale qui relève certains actes de son règne.

« Cependant la reine, dit madame Campan, haïssait M. de la Vauguyon, c’était lui seul qu’elle accusait des choses qui l’affligeaient dans les habitudes et même dans les sentiments du roi l. »

La correspondance de Marie- Thérèse avec Mercy confirme les mémoires de madame Campan et sur la haine de Marie-Antoinette contre M. de la Vauguyon et sur la cause de sa répulsion. Cette espèce d’aversion était partagée par Marie-Thérèse qui ne parle de M. de la Vauguyon qu’avec une sorte d’horreur 2.

Mercy s’exprime aussi en termes méprisants pour M. de la Vauguyon, le tout par suite de l’inimitié de M. de Choiseul 3. Il est donc naturel que Marie-Antoinette, suive l’impulsion de ceux qui se chargent de la diriger. Tantôt elle attaque M. de la Vauguyon par des accusations sérieuses, et tantôt c’est par des plaisanteries4, on est fâché de voir une princesse si jeune,

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