‹ Histoire de madame du BarryChapitre 256 sur 304 · août · texte numérisé non relu

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méprisait souverainement la comtesse du Barry et les gens de sa cabale; que lui ayant demandé pourquoi il se laissait entraîner dans la société de ces gens-là, M. le Dauphin avoit répondu qu’il fallait bien user de prudence et se prêter pour l’amour de la paix... »

Encore le duc de la Vauguyon et son fils, mis en scène et toujours rapprochés de madame du Barry et des gens de sa cabale pour exciter le Dauphin à la haine et au mépris de son ancien gouverneur. Nous ne parlons pas de ces sentiments contre la favorite qui pouvaient être spontanés et qui étaient justes. Il en était autrement de cette aversion de M. de la Vauguyon qui nous choque dans une princesse, si jeune, si inexpérimentée. Il nous semble, qu’au lieu de ces haines prématurées, il eût mieux valu la neutralité jusqu’à ce qu’elle eût mieux connu la Cour de France. Ce sera là le malheur de Marie-Antoinette, d’épouser les passions des partis jusqu’au jour où elle expiera si cruellement cette tendance néfaste.

D’un autre côté, est-il rien de si blessant que de voir les conversations les plus intimes des jeunes époux, reportées par la Dauphine à un tiers, puis par ce tiers à une cour étrangère ; et peut-on s’étonner de la réserve de Louis XVI, de la défiance universelle qui finit par s’emparer de Marie-Antoinette elle-même?

Le 30 octobre, Marie-Thérèse écrit à Mercy une lettre entièrement autographe, dans laquelle on lit ce passage :

« On débite ici tout plein de choses peu favorables à ma fille, c’est ce qui me fait encore plus souhaiter l’arrivée du courrier, ne voulant rien croire que ce que vous

me dites. On dit que le roi devient réservé et embarrassé avec elle, qu’elle heurte de front la favorite, que le Dauphin est pire que jamais, et plus qu’indifférent pour ma fdle. »

Naturellement Mercy se récrie sur la fausseté de ces rumeurs :

. « Je puis protester, dit-il, sur la foi et la fidélité que je dois à mon auguste Souveraine, qu’il est absolument faux que le roi devienne réservé et embarrassé vis à vis de madame la Dauphine, laquelle au contraire gagne journellement sur l’amitié et les égards de ce monarque. C’est avec aussi peu de fondement qu’on accuserait S. A. R de heurter de front la favorite; il n’y a jamais eu que de petits propos tenus contre cette femme et que Mesdames ont toujours été les premières à mettre en train; môme à présent madame la Dauphine est plus réservée (sic) sur les propos en question, au point qu’il se passe des semaines sans qu’on puisse en citer un seul1... »

Ces protestations sont un aveu.

Il est curieux de savoir quels sont les moyens d’information qui étaient à la disposition de Mercy et qu’il énumère avec complaisance :

« Je me suis assuré de trois personnes du service en sous-ordre de madame l’archiduchesse ; c’est une de ses femmes et deux garçons de chambre, qui me rendent un compte exact de ce qui se passe dans l’intérieur : je suis informé jour par jour des conversations de l’archiduchesse avec l’abbé de Vermond auquel elle ne cache rien; j apprends par la marquise de Durfort jusqu’au moindre propos de ce qui se dit chez Mesdames, et j’ai plus de

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