‹ Histoire de madame du BarryChapitre 27 sur 304 · De Luynes, mai · texte numérisé non relu

De Luynes, mai

3. « Une Uranie qui ne savoit pas lire. » Anecdotes , p. 136, édit. 1776.

celle des religieuses de Sainte-Aure dont nous avons trouvé les manuscrits, registres, dans les papiers du couvent. Elle n’a pas la grosse coulée des femmes de cette époque qui écrivaient moins légèrement que les hommes \ le défaut de son écriture, minutée à l’encre blanche, est au contraire de tourner à la patte de mouche. Nous entrons dans ces menus détails pour les amateurs d’autographes, parce qu’on a souvent confondu (l’isographie , par exemple) l’écriture de Jeanne Bécu, la prétendue comtesse du Barry, avec celle de sa belle-sœur, Françoise-Claire du Barry et même celle de Jean du Barry, dit le Roué, qui en diffèrent complètement.

On a beaucoup raillé l’orthographe de Jeanne Bécu ; cette orthographe est à coup sûr fort incorrecte et de nature à faire peu d’honneur aux dames de Sainte- Aure. Elle n’est pas cependant plus irrégulière, elle ne 1 est pas autant que la cacographie des contemporaines. Les correspondantes du maréchal de Richelieu, les plus grandes dames de la cour écrivent à l’infidèle : « Vous ne mémé plu. » Madame de Pompadour qui avait reçu une éducation si artistique, si brillante, écrivait haborer, éco, sirenne , elle n’a jamais connu la différence entre le pronom possessif se et le pronom démonstratif ce. — Enfin elle faisait accorder les verbes à la troisième personne du pluriel2. Madame Geoffrin qui tenait un bureau d’esprit avait une orthographe des plus défectueuses3. Les fautes de Jeanne Bécu proviennent tantôt d’ignorance .

L Madame Roland, Charlotte de Corday.

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