V. sa Correspondance avec le roi de Pologne
et tantôt d’inattention, ainsi elle écrit constamment il et pour il est, ils son pour ils sont. Il est évident qu’elle ne connaît pas la conjugaison du verbe être à ses différents temps, il en est de même de l’accord des participes. Elle pèche là par défaut de savoir comme lorsqu’elle écrit, argant , causionnement, consevoir, etc... Mais elle n’ignore pas que le pluriel exige un s et cependant elle écrit mille livre, les différente demande, etc. Là il y a négligence. C’était au reste la mode du temps, il était reçu que l'on ne devait pas prendre souci de l’orthographe : il faut toujours se rappeler ce passage de Fontenelle : « ...La nation françoise est encore dans une barbarie telle qu’elle doute si les sciences poussées à un certain degré de perfection ne dérogent point et s il n’est pas plus noble de ne rien sçavoir1. » Et cette observation du prince de Ligne : « les femmes, il y a vingt ans, ne savaient seulement pas mettre l’orthographe. »
Nous devons dire que, sous ce rapport, il y eut un progrès sensible entre les premières et les dernières années de madame du Barry. On voit par le catalogue des livres saisis au château de Louveciennes qu’elle avait, dans sa bibliothèque particulière, un traité de X orthographe, une grammaire de Wailly, aussi les pièces adressées par elle au district de Versailles, au Comité de Sûreté générale, ou à Fouquier- Tinville sont presque irréprochables.
La rédaction des lettres de madame du Barry est meilleure que son orthographe. Elle écrit à peu près en français, Son style est simple et courant dans les