Fontenelle, œuvres complètes , t. V* p
affaires. L 'amateur d’ autographes parle d’une «jolie et spirituelle lettre » qu’elle aurait adressée à l’abbé Delille sur ses ouvrages et qui a passé à la vente Villenave, n° 154, en 1850. Nous ne la connaissons pas et nous avons peu de foi dans ce qui provient de cet amateur faussaire émérite1, mais tel n’est pas le caractère habituel de la correspondance de madame du Barry. A l’exception des lettres adressées à sir Henry Seymour et qui ont été dictées par une ardente passion, son style est terne et comme elle dit elle-même, terre à terre. Ce qu’il faùt retenir des lettres vérifiées comme étant d’elle, c’est qu’elle avait reçu et conservé une certaine culture intellectuelle ne pouvant provenir que de son séjour à Sainte-Aure. Nous la verrons exprimer une opinion sur Néron qu’elle défend du reproche exagéré de cruauté, sur Lovelace, etc... Elle avait dû lire Voltaire ou Linguet. Elle avait donc quelques notions d’histoire. Elle lit Cicéron, Démosthène, et a un véritable goût pour Shakespeare (traduit bien entendu, elle a déclaré elle-même ne pas connaître la langue anglaise).
Elle sait dessiner... déchue, oubliée, elle fonde des bourses gratuites pour des élèves à l’école de dessin, ouverte par M. de Sartine. Ce petit talent devait encore se rattacher à l’éducation du couvent.
Un des articles du programme des dames de Sainte- Aure était de mettre leurs élèves en état de tenir un ménage avec intelligence ; au milieu de ses plus grandes prodigalités, madame du Barry n’oubliera pas ces enseignements de l’enfance, elle jettera Cor à pleines mains, mais elle écrit chaque jour sa dépense,